Serpentin de bitume et tempête de ciel bleu

Nous avons eu hier soir un superbe coucher de soleil chez Nadège et Hervé qui m’hébergeaient avec Marine et Corinne, déjà rencontrées à l’Isle Jourdain. Une photo de groupe à la fin du petit déjeuner, puis départ tôt dès 8h.

Pour illustrer le titre qui décrit la journée voici ce qui sera mon lot durant 28km et un peu plus de 6h : du bitume du bitume et un soleil bien chaud dans un ciel bleu immaculé.

La journée va se transformer en exercice physique que je réaliserai somme toute correctement : les pieds ont eu chaud, j’ai eu chaud, mais après la douche, la lessive et une boisson bien rafraichissante cela va mieux déjà. Le paysage de part et d’autre de la petite route se compose uniquement de champs cultivés. L’avantage de la petite route est la circulation très limitée à de rares voitures. C’est déjà cela de gagné en terme de sécurité. J’ai cru être arrivé dans les Alpes à la vue du nom du hameau « A Laplagne » … mais pas de neige … Je croise Montaigut sur ma droite au loin, et son château dominant la vallée. 9h50 je suis en vue d’Auch, et de sa cathédrale au loin. C’est jour de marché. Après un bon café et la chocolatine de rigueur, je monte vers la cathédrale.

En chemin je rentre dans le jardin du musée des Amériques, jolies sculptures exposées, mais je ne m’attarde pas … 28km …. Je passe rue Rabelais, c’est chez moi !!??, alors qu’un avion file tout droit haut dans le ciel.

L’ascension vers la bâtisse passe par un escalier magistral dominé par la statue de Dartagnan. Il surplombe la ville et son regard couvre toute la vallée où coule le Gers.

La cathédrale Sainte Marie d’Auch est très belle, majestueuse. Encore une fois je ne m’y attarde pas … 28km. En sortant et prenant le chemin pour quitter la ville je tombe sur cette maison où Henry IV serait passé … soit. L’escalier mentionné sur la porte serait à voir. Elle est ouverte, j’en profite, c’est vraiment superbe !

Je repars fissa, à la sortie de la ville je tombe sur ce jardin orné de constructions métalliques réalisées par un bricoleur artiste éclairé : c’est étonnant ! La sortie de la ville commence par une côte bien corsée, toujours sur le bitume. A la vue du hameau « la pause » j’ai hésité mais pas bien longtemps … 28km. Le serpentin reprend son déroulé.

A midi j’ai parcouru 16km, je traverse le bois d’Auch toujours sur le bitume. Un parc d’activité sportive me proposera une belle table en bois pour la pause déjeuner. Celui ci fini je repars et à la sortie du bois la direction pique plein sud et les Pyrénées s’affichent à nouveau dans le viseur ! Quelle vue ! Et ensuite non content de ne fouler que du bitume celui-ci est en cours de réfection … en fait je trouverai de simples graviers gris et bleus qui bouchent les trous de ces petites voies départementales.

Du bois d’Auch dont je ne foulerai pas les sentiers, je passe à la forêt d’Armagnac. Un peu d’espoir … Le soleil est au plus haut à 14h, 10km encore. Avec ce temps les foins sont coupés et retournés pour sécher au mieux. Enfin je rentre dans la forêt : tapis de feuilles mortes sur une terre encore grasse, mes orteils en frétillent de plaisir ! Plaisir de courte durée, même pas un kilomètre. Grrrr … 28km … c’est reparti sur des voies certes petites et pas fréquentées du tout, mais encore du bitume. Et pour couronner le tout c’est vallonné, ça monte, ça descend, et ça remonte …

Enfin j’aperçois le clocher de Barran, destination de l’étape du jour. 6h10 donc et 28km, satisfait de celle-ci, il n’en reste que des plus petites. Dimanche fin de la quatrième semaine et il restera sept jours de marche 👍. Ceci dit notre gîte, j’y retrouve avec plaisir Philippe l’ami belge, est confortable. A la ferme. Les brebis surveillent d’un oeil torve les effets en mérinos que j’étends au séchage. Pas de chance la piscine est en cours de remplissage … Il faudrait revenir dans deux jours … Je finis ce post les pieds sur cette chaise en étirant chacun des orteils … et oui 28km …

J’peux pas j’ai piscine !

Le tracé du jour va m’amener de Gimont à Roquetaillade, un peu avant Montaigut. Philipe quitte le gîte en même temps, nous parcourons les 2-3 premiers kilomètres ensemble puis il avancera plus vite. En outre il dormira lui à Montaigut, moi un peu avant faute de place restante dans son hébergement. Mais j’peux pas j’ai piscine …

L’église gothique médiévale de Gimont du 14eme domine avec sa tour octogonale qui elle a été montée bien plus tard et finie au 17eme. C’est jour de marché sous les halles et à 8h15 cela s’affaire déjà. Nous avons pris des sandwiches pour le midi à la boulangerie du petit déjeuner : café chocolatine ! A la sortie de Gimont la Chapelle Notre Dame de Cahuzac est ouverte, une rareté désormais. Je croise un molosse qui a failli oublier de me regarder fixement sans aboyer ??? Pour ce début de matinée le ciel est un peu couvert mais il fait bon, je ne doute pas que cela va vite se lever. Petit rappel que nous sommes dans le Gers, capitale de la bonne bouffe en France, non ?

Je retrouve la tondeuse géante un peu plus loin dans le chemin. Hier ils ont cassé un axe, du coup réparation ce matin et s’est reparti. Je le doublerai car il fait sans cesse des allers retours avec sa chenillette. Je suis ravi du chemin qui alterne entre sentier des champs et petite route bitumée sans voiture. Un vol de héron décolle au loin, un peu plus tard c’est un rapace qui finit par quitter son perchoir.

Les paysages sont vallonnés et le regard ne se lasse pas de les détailler aussi loin que possible avec ce ciel qui peu à peu étire ses nuages pour dévoiler un bleu annonciateur de chaleur à venir. Peu de troupeaux de vaches mais quelques unes tout de même à la bouille bien sympathique. A l’Isle-Arné c’est pause croissant, vers 10h30 et 10km.

Après l’église de Paillan, toute petite et fermée, j’arrive à Lussan, avec son église tout aussi fermée. Elles sont très similaires dans leur architecture. Le restaurant du village est aussi fermé, le chef a une douleur à l’épaule, impossible d’ouvrir ce midi, la patronne appelle les clients pour annuler, et accepte de me servir un Perrier. C’est fou !! Non ?? Je mange mon sandwich ensuite au pied de l’église, à l’ombre.

Puis arrive Saverio, italien rencontré au gîte de l’écluse du sanglier, avant Toulouse. Il a déposé à l’aéroport son épouse rentrée en Sardaigne après quelques jours ensemble sur le chemin, et lui enchaîne des étapes de 40km et plus … une machine !! Puis ce sont Éric et Gilbert, de Royan, qui eux ont débuté plus lentement, leur progression est plus difficile.

Le sentier est très herbeux, la tondeuse n’est pas encore passée il y en aurait besoin. Il longe un étang. Je vous laisse écouter la cacophonie des batraciens.

Grenouilles ou crapauds ?

Au détour de Lussan il me reste une heure de marche environ, je flâne donc un peu tranquillement.

Petite étape de 19km, demain ce sera une autre histoire avec 26km. Mais du coup j’en profite cet après midi. Où serai-je demain ? Je ne sais pas j’ai piscine pour l’instant …

Vers Gimont

On quitte ce matin le gîte de l’office du tourisme de l’Isle Jourdain, exigu, un peu à l’étroit à six dans deux chambres. Il a fallu organiser un tour pour dîner hier sur la petite table de quatre personnes. Pas de pédalo ce matin, le ciel est encore un peu laiteux mais ça ne saurait durer, température de 14. La parcours est tracé dans des bois et à travers champs principalement. La journée devrait être sympa d’autant qu’il n’y a que 24km. Par contre le tracé longe une nationale quelques centaines de mètres, en contrebas, mais des travaux d’élargissement sont en cours et les remblais ont couvert le tracé. Du coup c’est un peu chaotique … mais ne dure pas trop. Juste après nous sommes dans un sous bois infecté de moustiques : ni une ni deux je dégaine le cinq-cinq pour protéger bras et jambes. Je balance une torniole à un imprudent qui a voulu petit déjeuner sur mon bras. Il n’aura pas le temps de le digérer. J’allonge le pas pour ne pas rester trop longtemps dans ce coin …

La météo est vraiment avec nous maintenant. A priori cela va tenir pour les dix prochains jours, ici au sud ouest de Toulouse. Il y a des tracés de chemin de fer et autant d’avions dans le ciel. Je suis à un moment surpris par un véhicule de tonte qui me suit sur le chemin. Il se charge d’aménager celui ci et du coup j’ai un tapis d’herbe fraîchement coupée juste devant moi, un plaisir pour marcher souplement.

Les panneaux confirment la bonne direction vers Compostelle, et au détour d’un bois sur ma gauche, je marche plein ouest, au sud les Pyrénées enneigés visibles très distinctement. De nouveau je vais traverser la zone de travaux d’aménagement de la N124, elle en a besoin car très encombrée vers et en provenance de Toulouse (Airbus est un gros pourvoyeur d’emplois ici a l’ouest de Toulouse).

Je continue à marcher sur l’herbe juste coupée du chemin, cool !!! 2h15 déjà de marche, environ 8km et c’est Monferran-Savès : halte prévue pour prendre le repas du midi, sandwich ou autre. Le Proxy du coin me fournira ce qu’il faut et son gérant m’offre même le café, attention toute particulière et très sympathique de sa part.

Je ne m’attarde pas plus que nécessaire, j’aimerais déjeuner vers Giscaro à 15km du départ. les champs sont très bien préparés et beaux. Une culture d’artichauts m’étonne un peu, je pensais qu’ils sont plutôt bretons … A un moment sur le sentier une colonie d’escargots semble s’être réfugiée sur les tiges des blés qui le longe. Tous à différents niveaux des tiges : je suis curieux de savoir pourquoi ils sont ainsi rassemblés.

Le paysage est plus vallonné que je ne pensais. Il enchaîne petites montées et descentes qu’épousent les champs tout juste semés ou recouverts de blés hauts déjà. Le soleil monte, presque 11h, mon ombre est moins longue en avant sur le sol. Un banc pour pèlerin me tend les bras et sa supplique « Jaquet profite de ton banc » ne parvient pas à me stopper. Direction Giscaro. Peu avant ce village le gîte du Grangé est accessible … pas encourageant d’y aller vues les chaussures en guise de parure !!

Enfin à Giscaro, 11h45 et 15km parcourus. Une table protégée par un toit me tend les bras pour faire la halte de midi. Après avoir mangé sandwich et banane, un monsieur en charge du café associatif de la salle communale juste en face me propose encore un café : quelle journée !! Nous discutons du chemin parcouru et à faire. Il m’explique la variante pour rejoindre Gimont : 4km au lieu de 8km … devinez quelle option je choisis. Je repars vers 12h45 ravi de cette halte. Je me fais un coucou au moment d’une photo facétieuse dans un miroir de circulation. Et peu après l’entrée de Gimont je croise le chemin de Philippe, parti un peu avant moi mais ayant lui opté pour le chemin régulier. Il aura parcouru 24km et moi 20, journée satisfaisante avec ce temps propice.

Nous logerons au même endroit. Chambre d’hôtes dans l’ancien presbytère. Nous profitons de l’heure précoce pour nous désaltérer près de la halle de la ville.

La halte gémontoise est étonnante : vieille bâtisse bien rénovée avec grand escalier, bénitier dans le hall d’entrée, statue de Jeanne d´Arc dans l’escalier et un Oratoire pour venir prier si les résidents le souhaitent. Un lieu étonnant et agréable. Une halte Gimontoise qui annonce l’arrivée vers Auch d’ici deux jours.

L’isle Jourdain, le Gers et la comtesse Dubarry

Rien de très clair dans ce titre mais en lisant Wikipedia pour savoir pourquoi ce lieu s’appelle L’isle Jourdain, https://fr.wikipedia.org/wiki/Seigneurie_de_L%27Isle-Jourdain, je découvre qu’il y a un lien, à la fin de l’article, avec la comtesse Dubarry. Et comme je suis entré dans le Gers entre Léguevin et l’Isle Jourdain, je me dis que le lien est peut être là … ???

Bref ce matin 12 à 13 degrés, nuages gris et bas, pas de vent pas de pluie. Impeccable pour cette petite étape de 17km en reprise après le break de dimanche. Rien de bien particulier à voir. Après avoir rejoint la forêt de Braconne par une petite route, le chemin est sinueux dans ce massif. Peu de signalisation avant de retrouver le GR653… un truc à se perdre car il y a plein de petits sentiers.

Une petite côte à monter aux deux tiers du parcours et l’on domine une nouvelle vallée, la descente va conduire jusqu’à l’Isle Jourdain. Je suis la route d’Artagnan, il y a pas mal de chemin de randonnée dans le Gers. Le dernier hameau avant la ville est peu engageant « guerre » quelle idée de se nommer ainsi !!?? J’arrive finalement en 4h à l’Isle Jourdain, passage rapide en ville pour s’approvisionner afin de dîner ce soir au gîte pèlerin. Du coup j’en profite pour passer place de la mairie, puis vers l’église. Elle est en travaux, les rues sont barrées. Un paroissien m’aperçoit et me fait signe. Je rentre dans l’église par l’aumônerie, il m’appose le tampon sur la crédentiale et me fait visiter le lieu. À la sortie de l’église une statue de St Jacques.

Le gîte est attenant à l’office du tourisme, pratique. Mais aussi à une guinguette, bruyant ce soir ?? On verra bien. Je déjeune de mon sandwich du midi en compagnie d’une paire d’oies qui elles aussi déjeunent mais elles broutent en fait … je ne sais pas si nous ferons du pédalo, mais l’après midi au bord de l’eau va être détendue … a demain !

Off !

Journée Off ! Hier je me posais la question d’aller visiter le centre de Toulouse … mais le temps était gris, température fraîche. Et puis une certaine fatigue aussi à la fin de cette troisième semaine. Et en regardant l’étape du lendemain pour rejoindre Léguevin je ne vois que du bitume au milieu des zones résidentielles, bref pas engageant. Décision est prise dimanche sera une journée off, et je visiterai Toulouse. J’ai fait un petit parcours touristique. Je partage quelques images de celui-ci.

Et je ne peux recommander que cette chanson :

Ouai

Toulouse enfin !

Oui enfin parce que ce canal du midi le long de l’autoroute pendant deux jours avec vent, froid et pluie ce n’est pas ce que j’imaginais. Certes le canal est beau, les écluses charmantes et le gîte d’hier très agréable. Mais les voitures à 200m font un bruit d’enfer, et pas de bol la météo n’a pas été de la partie. Du coup aujourd’hui 19km vers un hôtel au sud de Toulouse, en espérant avoir le courage d’aller visiter la ville dans l’après midi avec les transports en commun.

Hier soir le soleil nous a gratifié d’un coucher coloré sur les champs derrière l’écluse du sanglier. A 7h ce matin c’est une autre histoire : ciel bas et gris. Quelques gouttes d’eau. Et au départ à 8h elles se seront effacées, mais le fond de l’air est frais avec un petit vent.

Bien couvert je trace sur la piste cyclable. Je croise et suis doublé par une kyrielle de vélos, randonneurs en groupe ou solitaires ou bien cyclistes en recherche d’effort dans la vitesse. Bref je marche sur la gauche comme si c’était une route histoire de voir ce qui m’arrive en face. A chaque passage je balance un «  bonjour » sonore … sans réponse dans la quasi totalité des cas. C’est désolant … A l’approche de Toulouse ce seront des joggers qui de même répondront à peine aux bonjours. Un héron passe au dessus de l’eau, je capture son vol. A 11h il me reste 6km avant d’arriver, le train a été soutenu pour moi. Philipe parti après moi m’a dépassé et je ne le reverrai que dimanche soir au gîte commun que nous avons.

Les berges du canal voient un nombre de bateaux et péniches de tous types stationner, lieu de résidence pour leurs habitants. A Ramonville-Saint-Agne c’est un port intérieur dans la ville qui est installé. Le vol d’un Beluga XL au dessus de la ville me confirme être bien à Toulouse, terre (ou plutôt air) d’Airbus. Cet avion transporte les sections des composants réalisés en Europe et assemblés ici.

Pas certain d’avoir envie de traîner dans la ville cet après-midi, je verrai bien. L’inspiration musicale du moment est :

Des saints de glace … sans compassion !

Au réveil le premier réflexe est de regarder le ciel au dehors pour évaluer la météo. Bon il ne pleut pas encore, vent léger. Je croise les doigts … espoir modéré. Un lièvre surgit dans la prairie en face. Petit déjeuner auprès du feu de la cheminée qui a séché mes effets personnels durant la nuit après la lessive. C’est très agréable, pas vraiment envie d’aller affronter les éléments. Finalement le paquetage est refait, c’est rapide, surtout ne rien oublier. Pour aujourd’hui ce sera pantalon, tee-shirt, parka pluie et la cape ensuite. Les escargots sont à la fête : ils sont dans leur élément !! Maurice et marcel, ou marcel et maurice j’ai un doute ils sont jumeaux, sont de sortie justement.

Équipé, casquette et cape vissées sur la tête, je pars vers 8h15. Je profite pendant 30mn du temps clément, mais rapidement cela va se dégrader. L’arc en ciel au fond indique la présence d’eau en continu.

Et l’eau en continu m’est tombée dessus. Le chemin est «  facile » tout plat le long du canal du midi, avec quelques écluses en pointillés sur le parcours. Une heure de pluie sans discontinuer. J’ai froid aux genoux sur lesquels l’eau de la cape ruisselle. Je sais que dès la fin de la pluie cela séchera vite mais tout de même c’est froid. Par contre la voie verte est doublée de l’autoroute sur ma droite… c’est bruyant. J’écoute le podcast de Hervé Pauchon puis les maitres du mystère, cela divertit et coupe ce vacarme automobile. Je croise deux ou trois bateaux, un aviron en double. Les allées de platanes sont majestueuses, la pluie a cessé au bout d’une heure, elle reprendra par à coups. Le canal enjambe une rivière qui passe sous celui-ci aménagé en pont : belle prouesse pour l’époque, 1681 respect !

Petite pause café vers 11h, puis arrive midi et à l’écluse de Laval se niche un petit resto, personne encore. Je décide de me requinquer, me réchauffer. Au menu la petite bière pour se délasser, magret de canard et frites maison, tarte citron et café : le bonheur !!!

Après ce repas bien réparateur une petite heure de marche m’attends, 5km d’ici à l’écluse du sanglier. Pour la petite histoire elle s’appelle ainsi car lors de la construction du canal les bords s’effondraient toutes les nuits. Dés lors les ouvriers ont pactisé avec le diable pour lui promettre une âme s’il empêchait les destructions nocturnes. Une fois la section finie les ouvriers firent passer un sanglier qui fut ainsi la première âme à franchir l’écluse, puis vouée au diable et ainsi fut nommée l’écluse.

En attendant d’y être le soleil est réapparu et ça c’est une bonne nouvelle. Philipe, l’ami belge, m’a rattrapé après le déjeuner, il a avalé 25km quand j’en faisais 17 … Il fait de grands pas … on se retrouvera à l’étape.

Et l’écluse du sanglier la voici arrivée. Odile et Thierry y font l’accueil, je retrouve Philippe et aussi Andreas, ainsi qu’un couple d’italiens. Et a côté d’une écluse qu’est-ce qu’il passe ? Des bateaux … Donc on regarde les bateaux entrer dans l’écluse, l’eau monte ou descend, le bateau suit le mouvement avec l’eau, puis il sort de l’écluse. C’est lent. C’est reposant. Par contre les automatismes de l’écluse tombent en panne, et fréquemment un spécialiste doit venir les activer manuellement : le dernier batelier passé râle des dysfonctionnements alors que les éclusiers sont supprimés : les automates sont pour lui la fin du canal …

Recommandation musicale du jour extraite de la playlist entendue au resto ce midi, Ecluse 12 que je recommande chaudement :

Fallait bien qu’il pleuve …

Depuis le temps que la météo annonçait de la pluie, qu’on nous dit ce sont les saints de glace … bref froid et humide aujourd’hui. Pourtant hier la fin de journée a été clémente voire ensoleillée malgré un vent soutenu. Et le dîner revigorant, il faut dire que le gîte est à 13km de Castelnaudary.

Néanmoins le départ à 8h15 se fait sous de moyens auspices et je me dis que peut être cela tiendra. Le chemin suit la rigole, 75m de dénivelé positif et autant de négatif sur 22km, et encore c’est sûrement la côte pour arriver au gîte de la Goutille qui en a une bonne part de responsabilité. Quoi qu’il en soit c’est tranquille au départ, un peu frais en tee-shirt seulement mais je m’active.

Le ciel est de plus en plus menaçant, les nuages semblent se resserrer et une masse approche avec le vent d’ouest face à moi. 9h49 les gouttes font leur apparition, faiblement, je recule le moment de passer la cape … 10h17 je ressemble à un escargot mouillé.

Il faut progresser, j’ai croisé un pêcheur à nouveau, comme hier il cherche les truites. La pêche est très controlée, nombre et taille des prélèvements contrôlés. Il reste de très grands et beaux platanes mais beaucoup sont malades et la région les abats pour replanter sur les berges : 19000 arbres replantés ainsi. J’arrive à la fin de la rigole qui se jette dans un octogone à Naurouze construit aussi par Pierre-Paul Riquet, architecte du canal du midi qui relit Toulouse à la Méditerranée, et à l’Atlantique avec le canal latéral de la Garonne, coulant ainsi dans les deux sens. Un petit détour de quelques centaines de mètres m’amène au pied de l’obélisque célébrant ce bâtisseur en 1681, fin de 20 ans de travaux. Pour info c’est ce qu’on appelle un canal à bief de partage avec un versant situé du côté Atlantique d’une longueur de 57 km et l’autre du côté Méditerranée d’une longueur de 189 km. Le bief de partage du seuil de Naurouze constitue la section la plus élevée (wikipédia).

Je fais la pause déjeuner à cet endroit, 16km de parcourus. Le vent souffle il fait froid je ne m’attarde pas. D’ailleurs en repartant ça remet cela …!! Pour s’arrêter 15mn plus tard avec des éclaircies et un peu de ciel bleu par-ci par-là. Désormais c’est le canal du midi que je vais longer pour une bonne par jusqu’à Toulouse, donc demain et samedi. Et comme tout canal navigable il y a des écluses. Sur cette première on y a célébré un américain important pour ce pays… l’eau a coulé sous les ponts depuis …

Il me reste une courte distance avant de parvenir au gîte de ce jour, à la Goutille. Bien sûr le soleil s’est remis à briller, je crève de chaud sous cette cape et je me méfie du temps qui change très vite. D’ailleurs les escargots font comme moi, ils gardent leur coquille. Plus le terme du trajet arrive plus les nuages s’amoncellent.

Et voilà 22km rondement avalés, c’était tout plat, il est juste 14h, le temps de faire l’accueil avec Danielle, l’hôte de la Goutille, et voici une averse avec un coup de vent bien violent. Content d’être rentré. Le vent forci durant le début d’après midi, averses et soleil vont alterner. Aller zou à la douche, lessive et repos.

Revel : direction Toulouse

Hier petite visite de Revel, à pied après m’être installé au gîte. Géraldine est ensuite passée me prendre pour dîner avec sa famille, trois garçons et son mari, et Eugénie et sa fille. Leurs tribus comme elles se désignent toutes les deux. Auparavant visite rapide du lac de Saint Ferréol, qui alimente la rigole elle même allant vers le canal du midi. Dîner super sympathique et convivial. Un grand merci Geraldine de ton invitation ! Et retour pour 22h avant que le gîte ne ferme. La nuit a été récupératrice avec ce cassoulet maison. Ce matin photo de départ en compagnie de Olga et Michel qui tiennent le gîte. Les deux compagnons de chambrée, un croate et Andreas, allemand, sont déjà partis.

Une fois mon sandwich trouvé je profite d’un rayon de soleil pour un petit café sur la place du marché de Revel avec cette magnifique halle ouverte. Rapidement le chemin conduit sur une voie qui va longer cette rigole du canal du midi. Elle est en cours de restauration forestière, plantation d’arbres pour remplacer ceux tombés ou malades. Comme prédit par Géraldine tant que le vent souffle il ne pleut pas. Et en effet pas de pluie pour l’instant. Je croise un pêcheur de truites, nous discutons quelques instants, il a déjà pris trois poissons, et compte bien les manger, pas de relâche. Je repars sur ce chemin qui est plat et agréable. A ce rythme je serai arrivé avant 14h, heure d’accueil à la Villa Caline, 20km plus loin.

Je trouve un coin idéal pour me poser 30mn afin de faire un arrêt en milieu de matinée. Chocolatine et oeuf dur des poules de Géraldine en apport de protéines. Un pèlerin pensif passe devant moi sur le chemin sans me remarquer, d’un pas lent et le regard baissé il progresse dans l’autre sens et semble ignorer l’environnement. Entres deux haies d’arbres j’aperçois un petit avion en approche sur une piste que je ne devine pas : je ne peux m’empêcher de regarder tout ce qui vole. Les nuages sont massifs, bas et gris … Le vent souffle toujours, je m’en tiens donc à la prédiction météo de Géraldine : pas de pluie.

Les couples de canards sont répartis le long de la rigole, chacun a trouvé sa chacune, les nidifications ne vont pas tarder. Un énorme arbre tombé barre le chemin, contournement par les buissons. Je quitte la Haute Garonne, mais je pense être à la limite avec le Gers et l’Ariege aussi. De toute façon d’ici samedi ce sera Toulouse, Haute Garonne de nouveau. Après le déjeuner pris à 1h de l’arrivée le froid est un peu présent, les saints de glace ? Nuages toujours lourds et bas. La rigole est devenu un ruisseau désordonné sillonnant dans des touffes de branchages. Voici Saint Paulet et la Villa Caline, 14h bientôt et quatre petites heures de marche. J’y retrouve Andreas l’allemand taciturne du gîte de la veille. On ne va pas causer longtemps au dîner. Demain même programme.

Message aux lecteurs sur le chemin qui passeront après, Philippe par exemple : au km 7 environ il y a une interdiction de passer et une déviation vers la D624 pour revenir à la hauteur du moulin bas. Je suis passé outre et le chantier qui est sur le pont de la rigole au moulin bas permet quand même de passer, donc éviter la déviation vers la D624.

Recommandation musicale du jour.

J’ai pas aimé … non j’ai pas aimé !

Étape pas top. Je n’ai pas aimé le parcours, du bitume essentiellement et pas de la petite route de campagne. Nous sommes partis Philippe et moi à la même heure direction Dourgne. Le ciel est gris, il fait frais … pas engageant. A la sortie de Castres nous avons fait un peu de forêt mais cela ne dure pas. Nous croisons l’autoroute, beaucoup de voitures, du bruit.

Petite pause à Navès, une chocolatine, le ciel se dégage un peu et la température remonte.

Viviers-les-montagnes, petit tour de l’église fermée. Une photo souvenir pour Max, il se reconnaîtra. Devant le parvis nous retrouvons ces pavés en cuivre du chemin de compostelle. 11h30 bientôt l’heure de s’arrêter déjeuner.

De nouveau du bitume après avoir avalé un sandwich dans un prés enfin ouvert … Les contreforts de la montagne noire sont un lieu unique pour le vol à voile et en levant le nez j’aperçois une, puis deux voiles de parapentistes.

Je suis arrivé à Dourgne en laissant Philippe 2km en amont qui rejoint son gîte «  roulotte ». Pour ma part je ne reste pas ici. Les difficultés de logement pour les 4 prochains jours (week end de l’ascension) me contraignent à rejoindre Revel en bus. Il passe dans 45mn. Mais hasard heureux ou effet du chemin Eugénie et Géraldine m’ont invité à dîner ce soir à Revel. Super !

La recommandation musicale du moment sera celle qui est diffusée à l’instant dans le café associatif de Dourgnes où j’attends le bus : dédicace à ma chérie.

Ah oui j’allais oublier ; bon anniversaire Agathe !!!