Montesquiou : mont sauvage

Le lieu du gîte hier, La Moge, à Barran, était vraiment champêtre. Une ferme. Un bâtiment réhabilité en lieu d’accueil, mais avec poules, cochon et brebis. Nous avons fini le dîner sur une note d’armagnac et de prune au sirop !

Le couché de soleil avec ce ciel totalement dégagé était paisible.

Au levé de soleil de la chambre j’ai assisté à un flamboiement du ciel.

Et de mon lit fenêtres ouvertes j’ai suivi pendant 30 minutes le ballet des hirondelles qui allaient et venaient sur leur nid juste au dessus.

Mais il est 8h30 et c’est l’heure de partir, il fait déjà chaud, la distance vers Montesquiou n’est que de 15km. Une hirondelle vient nous dire au revoir. Le clocher de l’église de Barran fait partie de ces clochers « tors » existant en Europe (une centaine) qui ont cette architecture particulière de spirale des faces (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_clochers_tors#:~:text=Un%20clocher%20tors%20ou%20clocher,pyramide%20coiffée%20d’une%20flèche.)

Le soleil est bien au rendez vous. Les Pyrénées sont toujours enneigés. A la différence d’hier le chemin est bien un vrai chemin entre champs et bois. Parfois très herbeux où la progression est moins aisée, c’est tout de même bien plus agréable que le bitume.

Montesquiou se profile, plus que trois km et demi. Encore un hangar tout neuf surmonté de panneaux solaires. Il y a une politique d’incitation forte à construire ceci pour les agriculteurs : un arrangement entre producteurs d’électricité et cultivateurs en mode gagnant/gagnant. Première vigne qui réapparaît dans le paysage rural. Et enfin Montesquiou : en fait de Mont sauvage c’est surtout un mont et les 3 km de fin sont une pente continue … douce mais continue. L’arrivée est bienvenue et malgré une courte distance la fatigue se ressent. J’en profiterai cette après midi pour une sieste réparatrice.

Serpentin de bitume et tempête de ciel bleu

Nous avons eu hier soir un superbe coucher de soleil chez Nadège et Hervé qui m’hébergeaient avec Marine et Corinne, déjà rencontrées à l’Isle Jourdain. Une photo de groupe à la fin du petit déjeuner, puis départ tôt dès 8h.

Pour illustrer le titre qui décrit la journée voici ce qui sera mon lot durant 28km et un peu plus de 6h : du bitume du bitume et un soleil bien chaud dans un ciel bleu immaculé.

La journée va se transformer en exercice physique que je réaliserai somme toute correctement : les pieds ont eu chaud, j’ai eu chaud, mais après la douche, la lessive et une boisson bien rafraichissante cela va mieux déjà. Le paysage de part et d’autre de la petite route se compose uniquement de champs cultivés. L’avantage de la petite route est la circulation très limitée à de rares voitures. C’est déjà cela de gagné en terme de sécurité. J’ai cru être arrivé dans les Alpes à la vue du nom du hameau « A Laplagne » … mais pas de neige … Je croise Montaigut sur ma droite au loin, et son château dominant la vallée. 9h50 je suis en vue d’Auch, et de sa cathédrale au loin. C’est jour de marché. Après un bon café et la chocolatine de rigueur, je monte vers la cathédrale.

En chemin je rentre dans le jardin du musée des Amériques, jolies sculptures exposées, mais je ne m’attarde pas … 28km …. Je passe rue Rabelais, c’est chez moi !!??, alors qu’un avion file tout droit haut dans le ciel.

L’ascension vers la bâtisse passe par un escalier magistral dominé par la statue de Dartagnan. Il surplombe la ville et son regard couvre toute la vallée où coule le Gers.

La cathédrale Sainte Marie d’Auch est très belle, majestueuse. Encore une fois je ne m’y attarde pas … 28km. En sortant et prenant le chemin pour quitter la ville je tombe sur cette maison où Henry IV serait passé … soit. L’escalier mentionné sur la porte serait à voir. Elle est ouverte, j’en profite, c’est vraiment superbe !

Je repars fissa, à la sortie de la ville je tombe sur ce jardin orné de constructions métalliques réalisées par un bricoleur artiste éclairé : c’est étonnant ! La sortie de la ville commence par une côte bien corsée, toujours sur le bitume. A la vue du hameau « la pause » j’ai hésité mais pas bien longtemps … 28km. Le serpentin reprend son déroulé.

A midi j’ai parcouru 16km, je traverse le bois d’Auch toujours sur le bitume. Un parc d’activité sportive me proposera une belle table en bois pour la pause déjeuner. Celui ci fini je repars et à la sortie du bois la direction pique plein sud et les Pyrénées s’affichent à nouveau dans le viseur ! Quelle vue ! Et ensuite non content de ne fouler que du bitume celui-ci est en cours de réfection … en fait je trouverai de simples graviers gris et bleus qui bouchent les trous de ces petites voies départementales.

Du bois d’Auch dont je ne foulerai pas les sentiers, je passe à la forêt d’Armagnac. Un peu d’espoir … Le soleil est au plus haut à 14h, 10km encore. Avec ce temps les foins sont coupés et retournés pour sécher au mieux. Enfin je rentre dans la forêt : tapis de feuilles mortes sur une terre encore grasse, mes orteils en frétillent de plaisir ! Plaisir de courte durée, même pas un kilomètre. Grrrr … 28km … c’est reparti sur des voies certes petites et pas fréquentées du tout, mais encore du bitume. Et pour couronner le tout c’est vallonné, ça monte, ça descend, et ça remonte …

Enfin j’aperçois le clocher de Barran, destination de l’étape du jour. 6h10 donc et 28km, satisfait de celle-ci, il n’en reste que des plus petites. Dimanche fin de la quatrième semaine et il restera sept jours de marche 👍. Ceci dit notre gîte, j’y retrouve avec plaisir Philippe l’ami belge, est confortable. A la ferme. Les brebis surveillent d’un oeil torve les effets en mérinos que j’étends au séchage. Pas de chance la piscine est en cours de remplissage … Il faudrait revenir dans deux jours … Je finis ce post les pieds sur cette chaise en étirant chacun des orteils … et oui 28km …

J’peux pas j’ai piscine !

Le tracé du jour va m’amener de Gimont à Roquetaillade, un peu avant Montaigut. Philipe quitte le gîte en même temps, nous parcourons les 2-3 premiers kilomètres ensemble puis il avancera plus vite. En outre il dormira lui à Montaigut, moi un peu avant faute de place restante dans son hébergement. Mais j’peux pas j’ai piscine …

L’église gothique médiévale de Gimont du 14eme domine avec sa tour octogonale qui elle a été montée bien plus tard et finie au 17eme. C’est jour de marché sous les halles et à 8h15 cela s’affaire déjà. Nous avons pris des sandwiches pour le midi à la boulangerie du petit déjeuner : café chocolatine ! A la sortie de Gimont la Chapelle Notre Dame de Cahuzac est ouverte, une rareté désormais. Je croise un molosse qui a failli oublier de me regarder fixement sans aboyer ??? Pour ce début de matinée le ciel est un peu couvert mais il fait bon, je ne doute pas que cela va vite se lever. Petit rappel que nous sommes dans le Gers, capitale de la bonne bouffe en France, non ?

Je retrouve la tondeuse géante un peu plus loin dans le chemin. Hier ils ont cassé un axe, du coup réparation ce matin et s’est reparti. Je le doublerai car il fait sans cesse des allers retours avec sa chenillette. Je suis ravi du chemin qui alterne entre sentier des champs et petite route bitumée sans voiture. Un vol de héron décolle au loin, un peu plus tard c’est un rapace qui finit par quitter son perchoir.

Les paysages sont vallonnés et le regard ne se lasse pas de les détailler aussi loin que possible avec ce ciel qui peu à peu étire ses nuages pour dévoiler un bleu annonciateur de chaleur à venir. Peu de troupeaux de vaches mais quelques unes tout de même à la bouille bien sympathique. A l’Isle-Arné c’est pause croissant, vers 10h30 et 10km.

Après l’église de Paillan, toute petite et fermée, j’arrive à Lussan, avec son église tout aussi fermée. Elles sont très similaires dans leur architecture. Le restaurant du village est aussi fermé, le chef a une douleur à l’épaule, impossible d’ouvrir ce midi, la patronne appelle les clients pour annuler, et accepte de me servir un Perrier. C’est fou !! Non ?? Je mange mon sandwich ensuite au pied de l’église, à l’ombre.

Puis arrive Saverio, italien rencontré au gîte de l’écluse du sanglier, avant Toulouse. Il a déposé à l’aéroport son épouse rentrée en Sardaigne après quelques jours ensemble sur le chemin, et lui enchaîne des étapes de 40km et plus … une machine !! Puis ce sont Éric et Gilbert, de Royan, qui eux ont débuté plus lentement, leur progression est plus difficile.

Le sentier est très herbeux, la tondeuse n’est pas encore passée il y en aurait besoin. Il longe un étang. Je vous laisse écouter la cacophonie des batraciens.

Grenouilles ou crapauds ?

Au détour de Lussan il me reste une heure de marche environ, je flâne donc un peu tranquillement.

Petite étape de 19km, demain ce sera une autre histoire avec 26km. Mais du coup j’en profite cet après midi. Où serai-je demain ? Je ne sais pas j’ai piscine pour l’instant …

L’isle Jourdain, le Gers et la comtesse Dubarry

Rien de très clair dans ce titre mais en lisant Wikipedia pour savoir pourquoi ce lieu s’appelle L’isle Jourdain, https://fr.wikipedia.org/wiki/Seigneurie_de_L%27Isle-Jourdain, je découvre qu’il y a un lien, à la fin de l’article, avec la comtesse Dubarry. Et comme je suis entré dans le Gers entre Léguevin et l’Isle Jourdain, je me dis que le lien est peut être là … ???

Bref ce matin 12 à 13 degrés, nuages gris et bas, pas de vent pas de pluie. Impeccable pour cette petite étape de 17km en reprise après le break de dimanche. Rien de bien particulier à voir. Après avoir rejoint la forêt de Braconne par une petite route, le chemin est sinueux dans ce massif. Peu de signalisation avant de retrouver le GR653… un truc à se perdre car il y a plein de petits sentiers.

Une petite côte à monter aux deux tiers du parcours et l’on domine une nouvelle vallée, la descente va conduire jusqu’à l’Isle Jourdain. Je suis la route d’Artagnan, il y a pas mal de chemin de randonnée dans le Gers. Le dernier hameau avant la ville est peu engageant « guerre » quelle idée de se nommer ainsi !!?? J’arrive finalement en 4h à l’Isle Jourdain, passage rapide en ville pour s’approvisionner afin de dîner ce soir au gîte pèlerin. Du coup j’en profite pour passer place de la mairie, puis vers l’église. Elle est en travaux, les rues sont barrées. Un paroissien m’aperçoit et me fait signe. Je rentre dans l’église par l’aumônerie, il m’appose le tampon sur la crédentiale et me fait visiter le lieu. À la sortie de l’église une statue de St Jacques.

Le gîte est attenant à l’office du tourisme, pratique. Mais aussi à une guinguette, bruyant ce soir ?? On verra bien. Je déjeune de mon sandwich du midi en compagnie d’une paire d’oies qui elles aussi déjeunent mais elles broutent en fait … je ne sais pas si nous ferons du pédalo, mais l’après midi au bord de l’eau va être détendue … a demain !

Toulouse enfin !

Oui enfin parce que ce canal du midi le long de l’autoroute pendant deux jours avec vent, froid et pluie ce n’est pas ce que j’imaginais. Certes le canal est beau, les écluses charmantes et le gîte d’hier très agréable. Mais les voitures à 200m font un bruit d’enfer, et pas de bol la météo n’a pas été de la partie. Du coup aujourd’hui 19km vers un hôtel au sud de Toulouse, en espérant avoir le courage d’aller visiter la ville dans l’après midi avec les transports en commun.

Hier soir le soleil nous a gratifié d’un coucher coloré sur les champs derrière l’écluse du sanglier. A 7h ce matin c’est une autre histoire : ciel bas et gris. Quelques gouttes d’eau. Et au départ à 8h elles se seront effacées, mais le fond de l’air est frais avec un petit vent.

Bien couvert je trace sur la piste cyclable. Je croise et suis doublé par une kyrielle de vélos, randonneurs en groupe ou solitaires ou bien cyclistes en recherche d’effort dans la vitesse. Bref je marche sur la gauche comme si c’était une route histoire de voir ce qui m’arrive en face. A chaque passage je balance un «  bonjour » sonore … sans réponse dans la quasi totalité des cas. C’est désolant … A l’approche de Toulouse ce seront des joggers qui de même répondront à peine aux bonjours. Un héron passe au dessus de l’eau, je capture son vol. A 11h il me reste 6km avant d’arriver, le train a été soutenu pour moi. Philipe parti après moi m’a dépassé et je ne le reverrai que dimanche soir au gîte commun que nous avons.

Les berges du canal voient un nombre de bateaux et péniches de tous types stationner, lieu de résidence pour leurs habitants. A Ramonville-Saint-Agne c’est un port intérieur dans la ville qui est installé. Le vol d’un Beluga XL au dessus de la ville me confirme être bien à Toulouse, terre (ou plutôt air) d’Airbus. Cet avion transporte les sections des composants réalisés en Europe et assemblés ici.

Pas certain d’avoir envie de traîner dans la ville cet après-midi, je verrai bien. L’inspiration musicale du moment est :

Meilleurs voeux pour cette nouvelle année vers Compostelle en 2024

2023 a vu le début du chemin parcouru vers St Jacques de Compostelle au cours du mois d’Avril, avec un arrêt à Saintes après 490km et 30 jours de marche. 2024 me verra de retour sur le chemin avec une envie d’un départ nouveau et pas forcément à partir de mon dernier stop. Je remettrai donc cela début Avril au départ du Puy en Velay, la reconnaissance papier est en cours avec l’aide de l’application Visorando qui est d’une efficacité redoutable je trouve.

Je souhaite à tous les lecteurs une excellente nouvelle année, qu’elle leur apporte la santé et la réalisation de leurs souhaits, ainsi que pour leurs proches et amis.

En attendant l’écriture de nouvelles pages dans ce blog et des photos des étapes à venir je vous partage celles qui ont été sélectionnées par l’Association Française des Amis de Saint Jacques de Compostelle sur instagram pour leur concours photo, et si vous aimez les miennes, ou d’autres, n’hésitez pas à « liker ».

« Le chemin est bien balisé, parfois de façon très humoristique »

« Le chemin est bien balisé, parfois de façon très humoristique »

« La combinaison de la nature et de la main de l’homme donne des résultats magnifiques parfois »

« La combinaison de la nature et de la main de l’homme donne des résultats magnifiques parfois »

« Parcourir un chemin permet de se retrouver, de retrouver la nature, d’autant plus au printemps naissant, et de prendre le temps. »

Juicq – Saintes … et pause …

Dimanche matin je quitte le logis de Blandine, qui accompagnée de Mireille m’a déposé pour repartir. Un impératif ce matin, être à Saintes pour midi, afin de pouvoir être récupéré en voiture pour aller sur Royan. Un petit contre temps que j’aménage en demandant à Blandine de me déposer au Douhet et non à Juicq, 3km plus sud. Ainsi j’aurai moins de 15km à faire en 4h … large.

Temps couvert aujourd’hui la météo annonce de la pluie, j’ai ressorti le coupe-vent rangé depuis quelques jours, mais sans la polaire car il fait déjà doux. Le sous bois après Le Douhet est très agréable, ça fleurit un peu dans tous les coins et les arbres sont désormais bien feuillus. Toujours pas de pluie, cool. Rythme de 5km/h, soutenu mais les pieds sont rodés. Je dépasse escargots et limaces plus vite qu’en début de parcours !

Malgré un ciel bien chargé il fait chaud et pas une goutte. J’arrive au nord de Saintes par le grand Golf de la ville, assez escarpé d’ailleurs. La zone est « dangereuse », non seulement il va falloir éviter les balles perdues mais aussi faire attention aux pratiquants de tir à l’arc qui sévissent semble-t-il dans la forêt alentours, le message du panneau étant très clair : pas d’éloignement hors du chemin !

Après une marche soutenue de 2h50 je suis en avance sur l’horaire, tout va bien donc. Les temps au km donne une moyenne de 5km/h, impeccable malgré le sac finalement. Je suis au RV en avance, Jacques arrive comme prévu et je serai chez mes parents pour le déjeuner, repos.

Et Pause ….

Oui ce sera pour moi la pause dans ce parcours car depuis quelques jours je commence à manquer de la motivation initiale qui ma lancé sur ce chemin. Au bout de 31 jours et 590km je ressens d’une part une fatigue physique, non pas que je ne sois pas en forme pour parcourir les 20km quotidiens, car les pieds sont en excellent état et je n’ai pas de douleur gênante une fois échauffé, mais le corps marque une lassitude qui s’accentue avec les heures de la journée. Coté moral je pense qu’être seul est pesant au bout d’un moment. A la fois ma famille me manque, Véronique surtout dans mon quotidien, et en plus je pense avoir bien discuté avec moi même, donc je ne sait plus trop quoi me dire.

Lorsque je me suis lancé dans ce périple je n’étais pas du tout sur de pouvoir faire tout ce parcours et en soi c’est une satisfaction personnelle. L’objectif de Compostelle est « haut », sans doute un peu trop pour l’instant à réaliser en une traite. La lassitude l’emporte, le plaisir est moindre ces derniers jours. Et comme ce ne doit pas être une punition, je me dis que le moment est bien choisi pour cette pause. Je vais passer quelques jours seul avec mes parents, la dernière fois que j’en ai eu l’occasion je devais être un jeune homme pas marié encore, donc un moment à saisir. Et le week end prochain sera un week end prolongé en amoureux avec Véronique, à la découverte de Bordeaux et ses environs. Pleins de projet de constructions d’avions m’attendent, de conception de pièces en impression 3D, de dessin sous Fusion360, ce ne sont pas les sujets qui vont manquer, sans compter la maison, la marche en mode « plaisir » pour de belles randonnées locales à découvrir, et la famille.

Je reprendrai certainement ce chemin au départ de Saintes, sans doute pas pour une aussi longue période, j’espère l’an prochain, la période Mars/Avril est idéale pour la météo finalement et la fréquentation, celle-ci étant en hausse constatée par tous les interlocuteurs habitués que j’ai rencontrés. Merci de vos encouragements durant ces 30 jours, pas de déception c’était un parcours superbe pour moi, et la certitude que c’est un chemin à continuer.

Saint Jean d’Angely – Juicq

J’ai quitté ce matin Michèle, que hier m’a fait une visite guidée de St Jean en voiture. La ville a un charme certain, il doit y faire bon vivre au calme. Devant la boulangerie je repère les marques dans le sol que m’a indiqué un client. Malgré la pluie de la nuit dernière le ciel commence à se dégager et laisser passer du bleu. La température est douce.

L’étape du jour est d’un petit 20km, rien de particulier si ce n’est que mon hôte doit venir me chercher à Juicq pour finir les derniers km en voiture, à partir de 16h. Donc je ne suis pas pressé. Les coq indique la direction du vent, qui est très faible aujourd’hui, il fait un peu chaud. La forêt est en fleur avec tous ces pieds d’asphodèles blancs. L’étape partant de St Jean va en théorie jusqu’à Saintes mais 35 km c’est trop, d’où une césure entre les deux.

Peu avant midi je rencontre un autre marcheur, Daniel, qui va a peu près au même endroit pour la halte du soir, nous ferons chemin ensemble, et commençons par déjeuner à Fenioux, à côté de ce qui est appelé la lanterne des morts, cette ogive construite à quelques mètres de l’église. J’ai bien essayé un pas d’coté comme escargots mais pas simple avec le sac.

Le repas pris nous repartons, mi chemin déjà. Une église dans un hameau sans maison, un arbre mort seul au milieu des champs, un cabanon fait de bric et de broc pour le repos des marcheurs : un peu la cour des miracles dedans.

Finalement je suis rendu à Juicq avec 40mn d’avance mais un arbre me sert tout de suite de salle de repos en offrant son tronc et le feuillage avec. Pendant qu’un hérisson joue du saxo et une grenouille de la flûte en haut d’une girouette, je discute quelques instants avec une abeille. Arrivé à Juicq le distance aura fait un petit 19km. Demain Saintes et halte de quelques jours à Royan.

Aulnay de Saintonge – Saint Jean d’Angely

En réponse à une demande concernant le jeu « poule ou coq » voici l’explication. Ce jeu consiste à choisir une herbe de type graminée avec des graines au bout, à saisir la tige d’une main et de l’autre entre pouce et index à récupérer les graines sur l’ongle du pouce. La forme résultante donne soit « poule », forme arrondie, soit coq, forme avec une plume en guise de queue. Bien sûr au préalable il faut demander au joueur de deviner par avance la forme : poule ou coq ? voici en images ces éléments.

Passer 10 ans ce jeu est addictif attention, voir la française des jeux…

Ce matin départ de Aulnay pour environ 23km, beau temps. C’était la première nuit en vrai dortoir plein de marcheurs, en l’occurrence 2 couples Laure et Frédéric, Céline et Martin, et Alain, ainsi que moi même. Nous avons échangé la veille sur nos expériences sur le chemin, tous ont débuté et fait une semaine pour se tester, j’avais l’impression d’être passé « pro ». Ce n’est que ma première expérience pourtant.

Nous sommes bien sur le chemin de compostelle, les petits personnages accrochés au coin des murs, en fer forgé, nous le rappellent. Un moment j’ai cru « rue de la brie » être rendu à la maison … non. Il fait déjà chaud ce matin, ravitaillement pour Alain, et une photo de groupe car nos allures varient eu nous allons être séparés.

Très petits villages sur le chemin, et petites églises donc. Celle de Paillé d’abord. Paillé et ses noms de rue bizarre « pas d’homme » ou déjà vus « Saint Martin ». Magnifique château privé de Vervant et ses 45 hectares de proprieté … Le puit à Vervant est clos mais il rappelle le bon vieux temps.

Pause déjeuner et sieste à l’ombre, puis chasse photo aux hirondelles qui filent au dessus du champ de blé juste à côté. J’ai fini par en avoir une ou deux sur le vif. Alain lui a continué sa route vers St Jean.

Courcelles dernier village avant St Jean d’Angely, petite église aussi, à côté les oies surveillent le chien qui fait la sieste : y a plus de conscience professionnelle ma bonne dame !!! Et je retrouve plus loin Céline et Martin aussi en pause.

Je les laisse se réveiller et je finis les quelques kilomètres vers la destination. J’ai retrouvé Poly dont on avait perdu la trace depuis des années … et en laissant un tracteur faire des arabesques dans le sol j’aperçois enfin St Jean. 23km, 5h14 tout va bien !

Correction semaine 4 terminée ce soir : Villefollet – Aulnay de Saintonge

Dans ma hâte de finir la journée et le blog hier soir j’ai anticipé d’une journée la fin de cette semaine 4. A vrai dire je déconnecte parfois des jours de la semaine et du mois … on est le 19 ? Le 20 ? Le 21 … Donc ce matin départ 8h45 pour une petite était de 17km, Laure et Eric, deux randonneurs qui font une semaine d’essai avec sac à dos, partent également. Toujours du soleil, temps doux, tenue tee-shirt d’emblée. Le gîte est une ancienne ferme réaménagée en maison et gîte, Adeline et Frédéric sont des parisiens venus il y a une dizaine d’années s’installer ici. Je démarre la journée rapidement car aucun village sur le chemin et en tout et pour tout j’ai une pomme et des amandes et raisins secs, et 1,5l d’eau. Donc rue du grand pas je fais des grands pas. Un peu plus loin je me demande comment les WC sont utilisés … et si même il ne reste pas quelqu’un dedans peut être ??? La journée sera à l’image de mon ombre sur cette route : je ne verrai personne ou presque.

Du coup mon objectif est d’arriver avant la fermeture de la boulangerie à Aulnay, 13h ou 13h30. Les paysages sont assez immuables de part et d’autre du chemin des champs de colza ou de blé à l’infini, et quelques copains gastéropodes avec qui je bave 2-3 minutes histoire de se changer les idées.

Changement de département, bienvenue en Charente maritime. Ils ont les moyens avec de superbes bornes d’orientation en béton clair. Le paysage n’incite pas à une halte paresseuse, et à 11h30 j’ai couvert 12km, encore 15mn et pause pomme, repos 20mn et c’est reparti. Juste après je traverse un hameau « villedieu » avec une belle petite église. Selon la borne il reste 7km en fait ce sera 6 à peine, et confirmation que je suis toujours sur ce chemin de compostelle, le marquage est impeccable. Il faut être au téléphone avec Seb pour louper un changement de direction, n’est-ce pas Seb ? 😜 J’ai essayé d’apprendre à parler mouton en passant près du panneau de traduction, offert par Google Translate … mais je reste incompris de ces bêtes 😔.

Le long du chemin je cueille un brin d’herbe pour faire « poule ou coq », vous connaissez ? Dites moi dans les commentaires … et c’est poule qui sort, j’ai gagné j’avais dit poule 😇. 13h15, arrivée à Aulnay, direction la boulangerie, pas fermée. Un sandwich rosette cornichon change de mon menu habituel. La halte Jacquaire tenue par Eliette est impeccable, pour 6 personnes en mode dortoir. Nous sommes 4, Laure et Eric ont parcouru les 5 derniers km en voiture, Eric étant perclus d’ampoules. Et Alain qui arrive du GR36, lui aussi en première semaine de test. Les 17km ont été faits en moins de 4h, 13mn au km, le rythme est bien pour cette distance. Et du coup je peux déguster mon flan au goûter en rédigeant le début de ce blog.