Et de cinq !

La cinquième semaine s’achève aujourd’hui. 35 jours écoulés depuis le départ d’Arles le lundi 27 avril et 800km avalés. Le fatigue se fait sentir, j’optimise le parcours des deux derniers jours. Aujourd’hui j’ai opté pour un tout droit au début, gain de 4km, 17 au lieu de 21, et une petite côte en moins. Demain même principe. J’ai quitté le gîte municipal sous un ciel plus que bas et couvert. Les nuages semblent vouloir envelopper Mauléon. Passage à la boulangerie où j’ai commandé mon sandwich rosette fromage de brebis et deux chocolatines pour la pause de 10h. J’en profite pour un petit croissant … ça m’encourage ! 🤣🤣

Bon donc au début quelques kilomètres de bitumes, six exactement. Les maisons sont bien cossues dans la région. Premier panneau indicateur vers SJPP, destination de demain … hâte d’y être. La température est clémente avec ces nuages qui restent bloqués sur les collines avoisinantes. Un encouragement de copines bovines, il est bienvenu. On trouve un trinquet, ce mur pour jouer à la pelote, dans le moindre petit hameau ici. A partir du panneau 14km je vais attaquer la difficulté du jour : 5km pour monter à 564m, une belle pente et une heure trente pour en venir à bout.

Les paysages sont enveloppés dans cette brume mi nuage mi brouillard. Je n’ai pas opté tout de même pour la variante la plus longue, cette voie me convient parfaitement. 10h sonne, pause chocolatine !

Le long du chemin j’aperçois dans un arbre mort la présence de deux vautours … en surveillance sur leur territoire. En avançant je prendrai en vidéo l’envol d’un des deux, majestueux. Bon limace et escargot sont aussi de la partie, plus faciles à photographier de près.

L’envol du vautour

Le fond de la vallée est dégagé, par contre le plafond de nuages reste bien bas, pas de soleil et pas de canicule et une température correcte pour marcher. Le chemin semble atteindre un sommet, c’est trompeur car derrière cela continuera. Sur l’autre versant des moutons ou brebis semblent déjà en estive sur le flanc de la colline. On entend de très loin les cloches, les leurs ou celles de vaches aussi en pâtures.

Je parviens pratiquement au point culminant et profite de cette vue plongeante dans la vallée. Vraiment impressionnante la profondeur de cette vue avec les nuages si bas, l’image ne restitue qu’une partie de ce que notre œil perçoit. Finalement j’atteins les 564m, je côtoie de très prés les nuages et par moment il semble pleuvoir, mais ce sont eux qui passent. 11h45 ce sera la pause déjeuner, 14km de réalisés, bonne matinée. Je discute avec un escargot jaune sur mon sac, échanges d’info sur le contenu de ce que l’on met sur son dos : nous n’avons pas les mêmes contraintes.

Nuages

Le chemin prend ensuite une inclinaison vers le bas pour me conduire jusqu’au pied de cette ferme en contrebas, en 3 km d’un parcours pris par les moutons davantage que des piétons. Le sentier est pentu et étroit, une vraie difficulté comparée à la montée ! Mais une fois le fond de la vallée atteint il reste 2-3 km à parcourir pour atteindre le gîte de ce soir. A demain pour la dernière étape.

Recommandation musicale

En espadrilles …

Départ ce matin de Hôpital Saint Blaise avec son gite géré en autonomie par la mairie. Village de 59 habitants le gîte est géré pour les réservations via un site web excellent. Un accueil par un responsable du patrimoine est fait à l’église. Puis le repas prêt à cuisiner est disposé dans un casier dédié accessible avec une clé donnée à l’accueil. Mon menu : garbure royale au manchon de canard confit (!!), pâtes à la bolognaise (vraie sauce tomate avec des morceaux de veau !!), et un gâteau basque. Bien copieux pour le soir. Et direction Mauléon-Licharre, capitale française de la production d’espadrilles (60% encore), d’où le titre … Un petit 18km donc ça devrait aller vite.

D’autant que je pars tôt, 7h30. Je passe sur les désagréments du pèlerin qui s’est réveillé à 6h, fait un foin d’enfer en cuisine et s’est recouché ensuite. Du coup réveillé à 6h30 je me suis préparé et suis parti bien tôt. La météo est bien différente de la canicule annoncée : ciel couvert, nuages très bas avec une brume limite brouillard. Je ne sais pas si je suis dans les nuages ou si la brume est basse… toujours est il que c’est très humide, pas trop chaud, donc mieux pour marcher. La rosé déposée offre des photos sympas à faire.

Le chemin va être aux trois quarts en forêt, un vrai plaisir d’y être seul dans autre bruit que ses propres pas, les oiseaux, quelques bovins et ovins au loin avec leurs cloches, et le son de la pluie qui tombe des feuilles par accumulation de brume. (Montez le son).

Les chemins zigzaguent pas mal et le profil est plutôt vallonné : montée et descente s’enchaînent.

Je croise une dame anglaise et son cocker. Photo pour amateur de bête à quatre pattes de cette race. L’humidité ambiante imprègne bien les chaussures mais c’est étanche, tout va bien donc, à l’aise. 8h20 et déjà presque 4km couverts. Je prends de l’altitude avec le chemin et je rejoins les nuages qui se déplacent avec un léger vent. Les portillons rappellent le chemin en Aubrac, c’est une zone pastorale ici. L’étroitesse du sentier pousse à l’obscurité parfois d’autant qu’il n’y a pas du tout de soleil, et c’est tant mieux.

J’ai la sensation d’être loin de tout, et cette masure abandonnée me dit que je n’ai pas dû être le seul. Le rythme est rapide ce matin comme hier, un boost en me rapprochant de la fin du parcours … deux copines limaces sont elles en mode slow motion mais elles profitent de l’humidité ambiante plus favorable à leur métabolisme. Je confirme que c’est bien le pays basque ici : les panneaux sont en deux langues et les noms incompréhensibles.

Je suis doublé en pleine côte dans le sous bois par un vélo sur lequel le cycliste ne semble faire aucun effort : et pour cause c’est un électrique. Au bout de l’allée on le voit à peine au fond avec la brume malgré son feu arrière. On voit sur mon tee shirt les petites gouttelettes d’eau sur les épaules, et on lit l’effort et le bonheur d’être là sur mon visage 😉. 9h40 premiers signes de village depuis deux heures. J’ai bien fait de prendre un sandwich l’avant veille en prévision de ce désert d’habitat.

Quelques moutons basques paissent paisiblement, une herbe bien humide. Encore six petits kilomètres et enfin voici Mauléon. Une belle coquille en bronze accueille le pèlerin à proximité de la mairie et guide ensuite vers le gîte municipal. Gîte très confortable pour la soirée et y préparer un dîner. Mais ce sera dîner à la brasserie de l’Europe ce soir. Où je déguste cette petite bière locale EGUZKI. Le trinquet est en nettoyage sans doute en prévision de rencontres de pelote basque prochaines. Ce jour c’était la dernière lessive des 34 jours …

Recommandation musicale du jour :

Hôpital Saint Blaise

Première des quatre étapes sur la voie du Piémont, le GR78, pour moi. C’est le chemin en marron sur la carte qui vient de Bagnères de Bigorre puis Lourdes et croise le GR653 à Oloron Ste Marie, numéro 22. La première nuit sera donc dans ce village qui est le premier village basque en venant du Béarn, 40 habitants, et une organisation bien huilée pour accéder gîte.

Je laisse d’abord Philippe au centre de Oloron, lui va vers le sud, la voie verte vers le col du Somport. Nous aurons fait trois semaines de chemin ensemble, pas mal échangé, une amitié du chemin. Comme il dit «  c’est la magie du chemin ». Buen Camino Philippe !

Le ciel est gris, bas, une espèce de brume est tombée sur la région. Une chance car la température est descendue, et des gouttelettes en suspension dans l’air rafraichissent avantageusement. Il faut en profiter et marcher ce matin avec entrain. Je pars sur un rythme de 5km/h, c’est facile car le profil du tracé est plat aux 2/3 mais ce sera du bitume … j’aime pas le bitume …

Le balisage est très présent, aucune chance de se tromper. Les distances indiquées sont précises. Le chemin est assez ombragé, la chaleur est bien plus supportable qu’hier.

Deux nouvelles fleurs jamais vues auparavant ! Au bout de 2 heures j’ai bouclé les 10km et à 11h il me reste 10km à parcourir, soit 14km de faits. Midi pause sandwich pomme. Définitivement j’adore les pink lady elles sont sucrées et juteuses, idéales pour le marcheur : elles désaltèrent et apportent de l’énergie.

A Aren, 10km avant la destination, une belle église du 11eme et son château attenant. C’est massif, roman et costaud. Je reprends le serpent de bitume et surprend un agriculteur en train de herser son champs avec un bébé dans un porte bébé sur son ventre 😀. Il doit être bien bercé !

Après le déjeuner pris il me reste 5km, le ciel se dégage et le soleil commence à poindre. Je vais arriver à temps pour éviter la grosse chaleur. J’égrène les distances à chaque panneau indicateur, hâte d’y arriver finalement. Quelques bovins me saluent à l’entrée du village. Allez plus que trois nuits pour clore ce parcours.

Vers Oloron et la bifurcation

A Oloron je vais en effet bifurquer du GR653, qui va vers l’Espagne via le col du Somport, pour rejoindre le GR78, venant de Lourdes et se dirigeant vers SJPP (Saint Jean Pied de Port). Peu après le levé du soleil la température commence à monter. Je suis d’attaque pour les 24km prévus ce jeudi départ 8h. Philipe file plus vite que moi et les Pyrénées sont plus présents que jamais. A priori nous aurons un chemin sous l’abri des arbres la grande majorité du temps et c’est tant mieux.

A 9h23 déjà 7km de parcourus, il y a une sensation de fraîcheur un peu sous la frondaison des arbres mais ça monte fort. Les quelques ruisseaux traversés ne suffisent pas à réduire cette chaleur.

10h52 encore 12km. Une forêt mixte épicéa et hêtres remplace temporairement le bois un peu désordonné habituel. J’ai chaud !!! Et dès que le chemin quitte ces espaces, une seule envie y retourner.

Pas de chance cette fois le bitume durera un peu plus longtemps mais guère. Même cette pompe est HS et de toute façon eau non potable …. Les descentes sont piégeuses avec des cailloux en forme de galets qui roulent sous les pieds, et sur une pente bien marquée. Il y aura d’ailleurs une bonne succession de pentes montantes et descendantes, courtes mais exigeantes, sur toute la journée.

Par chance peu après le repas sandwich pomme je tombe sur une fontaine pour les pèlerins. Une aubaine pour refaire le plein et mouiller la casquette avec la tête. Une poule un peu plus curieuse que ses congénères viendra examiner la casquette et les bâtons. Au fond de la vallée un espace aquatique avec des toboggans. Sans doute un camping … j’y serai bien allé piquer une tête si ce n’était la distance … enfin après un dernier effort sur un bout de route je passe par Goës qui précède Oloron Sainte Marie. Visite d’une des églises de la ville.

De là le chemin va vers St Jacques de Compostelle en passant par le col du Somport. 948km !!! Au gîte ce soir une dernière photo avec Philippe, nos chemins se séparent demain, et Gustave l’hospitalier qui nous accueille.

Pau-se

Oui pause à Pau. 35 degrés annoncés à Pau pour aujourd’hui, notre réflexion avec Philippe a eu raison de l’étape initialement prévue de 28km. Comme annoncé hier c’est donc le bus qui nous a mené ce matin de Morlaas à la gare de Pau, puis un autre de cette gare à Artiguelouve en début d’autres midi. Il ne nous restait que trois kilomètres à effectuer à pied. Voici quelques images du tourisme à Pau, ville fort agréable !

Le gîte ce soir nous offre une nouvelle opportunité de nous baigner on ne va pas bouder ce plaisir ! Demain 24km tout de même…

Morlaas, capitale du Béarn

Direction cette capitale du 11eme siècle qui a ensuite été détrônée par Pau au 15eme et 16eme. Vous pourrez lire quelques extraits de cette histoire sur les panneaux que j’ai aussi lus sur le chemin.

En attendant départ ce matin de la fine équipe au gîte hier soir, avec par ordre d’apparition en photo : Gilbert, Philippe et Erik. Chacun ira ensuite à son rythme.

La journée s’annonce chaude comme prévue, plus qu’hier et moins que demain. D’ailleurs avec philippe nous réfléchissons à une alternative pour mercredi : initialement l’étape de Pau prévue fait 28km … mais c’est trop et trop chaud. Nous réfléchissons donc. Erik et Gilbert eux s’arrêtent ce soir et se rendront à la gare de Pau en bus. L’étape du jour a été belle, principalement sur des chemins ombragés, bitumés ou en terre, et les quelques zones de départementales n’ont pas excédé quelques centaines de mètres. Ciel bleu immaculé. Vision des Pyrénées de plus en plus proches et très nette.

Quelques bornes en béton avec la coquille font leur apparition. Le Béarn est une terre de passage pour les pèlerins des le moyen âge et ils apportaient avec eux une manne économique. Les premiers textes de l’histoire locale sont disposés en forêt et je prends le temps de les découvrir, moyen de récupérer à l’ombre. Un gîte pèlerin est mis à disposition en donativo en pleine nature au lieu dit Saint Laurent Bretagne : pas documenté sur les guides connus du chemin. Étonnant !!

Je croise un gallinacé en liberté alors que ses congénères sont dans un enclos à coté du chemin ; elle a peut-être volé au-dessus du grillage, nous nous croisons en nous regardant du coin de l’œil … 8km puis 6km pour Morlaàs c’est bien … encore un peu de lecture pour enrichir la connaissance de la contrée. Au chemin de la couette je me dit qu’il s’agit de ne pas s’endormir (excellent jeu de mot !!!).

Comme la distance est courte je prends un peu mon temps et essaie des photos avec une coccinelle qui me tourne le dos, puis les graines chargées dans des épis de ce qui s’appelle du dactyle aggloméré. Les têtes en sont chargées qui s’échappent lorsqu’on les secoue. Pas mal d’essais requis pour parvenir à celle-ci.

Il fait chaud chaud chaud à 11h30 !!! Et ce ciel bleu avec des nuages bloqués sur les montagnes depuis une semaine. Une nouvelle fleur jamais prise en photo je pense, les couleurs roses vives sont très belles. Je retrouve Philippe à ce moment, environ 1km avant le gîte. Nous y arriverons juste pour midi mais il est trop tôt. Direction le centre ville, passage par la boulangerie, puis déjeuner sur un banc à l’ombre de l’église Sainte Foy.

Nous retrouvons Erik puis Gilbert, qui a fait un détour impromptu, et passage au café face à l’église. Nous avons réfléchi avec Philippe : demain ce sera journée tourisme, bus ligne 9 arrêt Marcadet à 8h22 direction Pau gare SNCF. Puis visite de la ville en toute tranquillité. 13h16 bus 521 au départ de Pau gare SNCF direction Artiguelouve. Il nous restera 3km à effectuer ce sera bien suffisant.

En écoutant un peu de musique ce matin le premier morceau de la playlist a été « l’ll remember April » et il se trouve que nous sommes le 26 mai. J’ai pris le train le 26 avril pour Arles et commencé ce périple le lendemain. Donc il sonne très juste ce matin, c’est la recommandation du jour.

A Anoye On prononce Anoie ou Hanoï ??

Premier jour de la dernière semaine, on quitte Anoye avec Philippe, nous avons été reçus superbement chez Fabienne et Jérémy au gîte le paille en queue. Tous deux originaires de la Réunion le nom de leur gîte vient de cet oiseau local avec cette queue si particulière composée de deux longues plumes. Le départ vers 8h15, il fait déjà chaud. Maubourguet comme beaucoup de village perd ses services : la pompe à essence est abandonnée, un bar tabac fermé … Un lot commun mais quoi faire ?? Les cerisiers commencent à être bien rouges. Au loin la ligne des Pyrénées se rapproche de jour en jour. Et pas un nuage à l’horizon.

Par chance le chemin est assez abrité toute la matinée. Au bout d’une heure trente ce petit village de Lahitte Toupiere offre un accueil pratique : un robinet est à disposition pour se rafraîchir et recharger les gourdes. J’en profite. Ils ont monté un terrain de padel tout neuf … je ne sais pas qui en ferait en ce moment ???

Toujours sur le bon chemin clairement désigné dans le village, je longe les champs quand je ne suis pas dans le sous bois. Petit pont aménagé pour les promeneurs afin d’enjamber un fond de ruisseau. Du maïs, du maïs, du maïs partout. C’est lundi de Pentecôte et pas férié pour tout le monde. Ici l’agriculteur prépare les champs pour un semis et un rapace profite de l’occasion pour évaluer toute proie qui se montrerait.

10h35 pause du matin, une pomme, des raisins secs et arachides, de l’eau de l’eau de l’eau… sous un tulipier de virginie, pas une espèce endémique mais sûrement aimée du cultivateur qui l’a planté en bord de route sur son terrain. Je m’y abrite à son ombre. Le jardinier autonome tond minutieusement son gazon alors qu’un vieux massey fergusson semble attendre ses prochaines tâches.

Midi break ! 13km. Je jette mon dévolu sur ce petit carré d’herbe en retrait du chemin, j’étale la cape de pluie qui fait office de nappe et de canapé. La matinée a été très chaude. 1h d’arrêt déjeuner et repos du corps et des pieds qui chauffent.

13h c’est reparti, un peu de bitume maintenant. Dans un sous bois je tombe sur des installations étranges, des piégeons traînent autour, pas farouches. Finalement je trouverai plus loin l’explication avec une autre installation et ce panneau très clair : ce sont des affuts pour la chasse à la palombe. Que du local !

Un peu plus loin à Lucarré je trouve un nouveau robinet d’eau, une aubaine tellement il fait soif et l’eau des gourdes et poches se réchauffe vite. Remplissage d’eau fraîche, douche de la tête et casquette mouillée, je repars. Peu après je rattrape à Momy les amis de Royan Eric et Gilbert, bien fatigués. Là aussi un robinet est disponible côté mairie et cimetière. Nouveau rafraîchissement ! Une dernière vision des Pyrénées et hop voici Anoye.

Après ces 23km le gite qui nous accueille est tenu par une association de pèlerin. Tout le confort y compris une épicerie pour le dîner ce soir. Bref confort garanti et bière fraîche pour la soirée une fois les obligations douche et lessive remplies comme d’habitude.

Maubourguet : 653km sur le GR653

Voilà ça c’est fait ! Les prochaines étapes pour se les mettre en tête : Anoye, Morlaas, Artiguelouve (Pau), Oloron Ste Marie, St Blaise, Mauleon-Licharre, Saint Just Ibarre, SJPP. Huit étapes de 23 – 15 – 28 – 24 – 24 – 18 – 21 et 25km. En fait plus le but approche plus je m’impatiente d’y être … inutile il faudra faire chacune d’elle entièrement. Bon mercredi 28km et une météo qui va plomber !! On verra bien …

En attendant aujourd’hui il a fait bien chaud, et les 20km se sont répartis aux deux tiers en chemin et un tiers en bitume, à la fin notamment. Mais cela s’est bien passé. Hier soir j’ai profité de la petite terrasse ensoleillée le plus tard possible car il faisait encore chaud pour se coucher. Départ ce matin vers 8h25, il faut rejoindre Marciac distant d’un petit km afin de s’approvisionner pour le midi. Sandwich, pommes et chocolatine. Il a fallu attendre 9h l’ouverture de l’épicerie, puis go !

Rien de particulier, hormis un escargot et une limace qui allaient se réfugier du soleil dare dare au risque sinon de finir cuits sur place ! Pour ma part je cuit en avançant. Mon short ne tient plus que par la ceinture ventrale du sac à dos. Dés que je pose celui ci il faut penser à tenir le short : on verra la perte de poids en rentrant … La vue sur les montagnes reste exceptionnelle. C’est superbe. Je profite de la moindre occasion, fleurs ou vaches pour m’arrêter et faire une ou deux photos. Je récupère et me désaltère. A l’église d’Auriébat je trouverai un point d’eau pour boire bien frais, renouveler l’eau de la poche dans le sac, m’asperger la tête et la casquette avec pour garder de l’humidité.

Les terres sont bien sèches, et ils viennent de planter du maïs … par contre les fleurs en profitent et leur odeur est partout sur le long du chemin. À l’entrée de Maubourguet je découvre qu’il faut enjamber l’Adour, proximité avec Aire sur Adour, traversé lors du chemin en 2024. Au final j’arrive un peu avant 15h après une bonne longue pause déjeuner sous un arbre fournissant l’ombrage nécessaire. Demain c’est Anoye … mais pas au Vietnam hein !!!

Ça va jazzer …

Et oui direction Marciac, lieu du célèbre festival. Bon mais moi ce sera le camping du lac et ses cabanes. Hier soir Patrice et Maryse, les propriétaires de l’ hôtel restaurant de Montesquiou qui n’est plus en activité, nous ont servi un dîner succulent. Le bâtiment est dans son jus et même s’il est ancien les chambres ont tout le confort souhaité d’un marcheur. Savério, l’italien qui marche plus vite que son ombre, a dû «  rebrousser » chemin sur Montesquiou alors qu’il était à Marciac. En fait il avait déjà séjourné la veille et faute de place à l’étape suivante Patrice est allé le chercher en auto. Ce matin il le déposera à l’endroit où il était la veille pour repartir. Diner excellent pour nous trois donc.

« L’auberge Montesquiou « s’éveille ce matin avec un ciel bleu encore mais parsemé de traces d’avions et un fond laiteux avec les Pyrénées.

Distance moyenne pour aujourd’hui avec un parcours aménagé pour éviter les grosses chaleurs. Avec Philippe nous avons opté pour un raccourci sur la fin qui nous fera prendre une départementale et gagner une heure et demi. Donc 18km au programme. Et l’après midi nous donnera raison. Les taureaux dans les champs sont des taureaux de combat d’un ami de Patrice, ils participent (enfin ce n’est pas un choix de leur part …) à la corrida qui se tient tout le week end de Pentecôte à Vic, 20km au nord de Montesquiou. Viande saoule garantie !!! Je prends une photo des bestiaux de loin.

Rien de particulier sur le parcours, sinon qu’il est en grande partie en sous bois et donc abrité du soleil qui pique déjà dès le bon matin. Au passage sous un tilleul juste en fleur un bourdonnement intense attire mon attention : l’arbre est visité par des centaines d’abeilles je pense qui font le plein de sucre pour faire ce que les Québécois appellent «  du jus d’cul d’abeille » autrement dit du miel ! Le bruit est impressionnant mais aucune crainte elles sont trop occupées.

La balade se poursuit tranquillement, je continue à perdre des kilos avec ce que je transpire … chouette, et les couleurs sont éclatantes aujourd’hui. Toutefois les montagnes enneigées plein sud sont dans une lumière ouatée qui les rend à peine visible.

Je croise une bande de copines qui digèrent tranquillement alors que l’une d’elle semble s’enquérir des passants le long du champs. Enfin après le dernier effort pour six derniers kilomètres de bitume (le raccourci, il faut ce qu’il faut) je parviens au camping du lac. Juste à midi. Le camping est peu occupé, trois camping car dont deux hollandais, et un très original, ancien et en bel état d’entretien. La bonne surprise ce sont les petites cabanes individuelles, ça va être bien sympathique. La seconde surprise c’est la piscine, j’en profiterai bien l’après midi. Une bien belle journée, hier j’ai franchi les 600km, 608 précisément, et demain marquera la fin de la quatrième semaine. Le but est en vue, quelques jours encore avant SJPP.

Et la recommandation musicale bien sûr …

Montesquiou : mont sauvage

Le lieu du gîte hier, La Moge, à Barran, était vraiment champêtre. Une ferme. Un bâtiment réhabilité en lieu d’accueil, mais avec poules, cochon et brebis. Nous avons fini le dîner sur une note d’armagnac et de prune au sirop !

Le couché de soleil avec ce ciel totalement dégagé était paisible.

Au levé de soleil de la chambre j’ai assisté à un flamboiement du ciel.

Et de mon lit fenêtres ouvertes j’ai suivi pendant 30 minutes le ballet des hirondelles qui allaient et venaient sur leur nid juste au dessus.

Mais il est 8h30 et c’est l’heure de partir, il fait déjà chaud, la distance vers Montesquiou n’est que de 15km. Une hirondelle vient nous dire au revoir. Le clocher de l’église de Barran fait partie de ces clochers « tors » existant en Europe (une centaine) qui ont cette architecture particulière de spirale des faces (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_clochers_tors#:~:text=Un%20clocher%20tors%20ou%20clocher,pyramide%20coiffée%20d’une%20flèche.)

Le soleil est bien au rendez vous. Les Pyrénées sont toujours enneigés. A la différence d’hier le chemin est bien un vrai chemin entre champs et bois. Parfois très herbeux où la progression est moins aisée, c’est tout de même bien plus agréable que le bitume.

Montesquiou se profile, plus que trois km et demi. Encore un hangar tout neuf surmonté de panneaux solaires. Il y a une politique d’incitation forte à construire ceci pour les agriculteurs : un arrangement entre producteurs d’électricité et cultivateurs en mode gagnant/gagnant. Première vigne qui réapparaît dans le paysage rural. Et enfin Montesquiou : en fait de Mont sauvage c’est surtout un mont et les 3 km de fin sont une pente continue … douce mais continue. L’arrivée est bienvenue et malgré une courte distance la fatigue se ressent. J’en profiterai cette après midi pour une sieste réparatrice.