Petite journée que celle-ci. 15km vers Castres donc et temps des séparations. Départ sous un ciel pommelé de nuages, température douce et à priori pas de pluie dans la matinée.
A la hauteur de Noailhac, petit bourg de 500 habitants, je suis rejoins par un marcheur qui gentiment m’indique ne pas être sur la bonne voie. Je consulte les outils modernes du pèlerin, boussole, carte, visirando, google truc … si si c’est bien le GR653. Nous avançons de 10-15 mètres et hop une balise rouge et blanche horizontale. Confirmation pour moi, lui découvre la nouveauté. Qui n’en n’est peut être pas une. Bref le pèlerin-marcheur aura appris quelque chose au local du coin … pas de hasard comme dit Phillipe. Nous faisons 30mn de marche ensemble, discutons de tout et de rien. Sympathique Michel, c’est son prénom, et nous rattrapons Phillipe et Carole partis 30 minutes avant moi le matin. Michel continue sa boucle de retour sur Noailhac promettant d’aller manger une crêpe chez Blanche. Le ciel se dégage.
Le chemin se poursuit et j’enchaîne quelques clins d’œil visuels amusants. Beau temps … Castres est déjà là.
« Faites attention »
Un peu moins de 4h pour parvenir à destination. Laurence et Carole achèvent ici leur périple, elles le reprendront. Nous découvront avec Philippe notre gîte, chez Cathy, petit havre de tranquillité. Après un déjeuner et une remise en tenue présentable, petit tour en ville. Ville natale de Jean Jaures, photos de touristes. Après un café en terrasse en lézardant au soleil nous rejoignons vers 16h, heure précise de l’horloge solaire du musée Goya, le gîte afin de préparer les étapes à venir. Je vous laisse en réflexion les accords de Toltèques qui ont animé notre conversation devant une bavette frites avec Philippe : nous nourrissons corps et esprit sur ce chemin.
Ah oui et Géraldine et Eugénie sont elles aussi parvenues au terme de leur journée et parcours de marche, 30km : chapeau !! Elles sont les régionales de l’étape, reprise du chemin plus tard pour elles aussi.
Voici deux semaines que ce chemin a débuté et au long des journées des rencontres se font, des échanges se nouent, et chacun en garde un quelque chose au fond de soi. Et les jours défilant certains quittent le chemin, rentrant chez eux, et je reste moi sur cette voie avec d’autres.
Hier Agathe, Jeanne et Youssef, qui vers Barcelone ou Lille, sont repartis. Ce matin c’est le tour de Elly et Toon. Deux belges habitant en Hollande, plus de 70 et 75 ans, une forme d’enfer et une complicité des deux étonnante. Je les avais peu rencontré auparavant et là nous avons passé une soirée très sympathique en compagnie de Géraldine et Eugénie, nouvelle rencontre aussi de la journée d’hier.
Au départ de Anglès, petite bourgade bien endormie ce dimanche matin, je profite du seul commerce ouvert, la boulangerie, pour y prendre le sandwich du midi et comme c’est dimanche un croissant ainsi qu’un pain au chocolat une chocolatine : et oui je suis passé du coté obscur de ce monde où une barre chocolatée dans un petit brioché devient une chocolatine. Étape de 20km, un standard donc.
Un départ sous un ciel gris et bas, un petit vent frais, bref un peu de courage pour démarrer. Je croise une paire de vaches au près avec leurs veaux, un vélo sans son cycliste. La matinée s’étire tranquillement, un bon rythme de marche et je rattrape Géraldine et Eugenie, photos de fleurs, une limace mère de toutes les limaces. Elle est énorme !!! Chemin parmi des haies d’épicéas immenses ou en devenir. Une maison au sommet d’une petite côte a un jardin magnifique où trône une aubépine immense qui emplit de parfum l’air au passage à proximité.
En tout cas je suis dans la bonne direction pour preuve le panneau du gîte communal St Jacques de ce soir qui me l’indique. 11h pause pain au chocolat chocolatine au bord d’un étang de pêche, l’air est frais la température frisquette. Je ne m’attarde pas, les filles sont repassées durant la pause. Signe encourageant en montant le vent souffle plus fort et aussi il pousse les nuages, le ciel se dégage et la vue s’élargit vers la vallée du Lauragais.
C’est avec un soleil au plus haut que je trouve un champ de fourrage juste coupé pour poser le sac et établir le picnic. Détente des pieds obligatoire, allongé sur la cape et adossé au sac je scrute le ciel et ce majestueux rapace aperçu brièvement. Les deux copines ont rejoint le site pour leur déjeuner également. Puis tous trois profitons de la clémence du temps pour un « léger » somme réparateur, bref sieste !
Tout juste parvenu au sommet du parcours de ce jour la vallée entière ce dévoile sous un ciel superbe, une température déjà chaude, c’est une bascule de couleurs et de sensations. A cet endroit sous le couvert de quelques arbres repose une stèle commémorant le souvenir d’un défunt … étonnant ! Après une lente et courte descente me voici arrivé à Boissezon, et dès l’entrée s’ouvre les portes du gîte avec cette fresque reprenant le parcours.
Alors pourquoi des galettes …
Après le rituel du marcheur, à savoir douche et lessive, nous retrouvons Eugénie, Géraldine et Phillipe à la Galetterie. Des crêpes et des vinyles. Des galettes et des galettes.
Un bout de femme énergique qui stocke 100000 vinyles ici, et encore 150000 en Normandie. Et propose de vous laisser choisir votre musique pendant qu’elle prépare les crêpes. Eugénie a obtenu un album de « Ange », 1976, émotion pour elle. Un Moustaki, Nino Ferrer et Stan Getz pour moi, Piaf pour Geraldine et Brel pour Philipe. Un lieu unique et extraordinaire, faire un détour est nécessaire. Vivement recommandé pour Blanche, son accueil et l’ambiance qui s’y dégage de sa Galetterie. Souvenir impérissable. Les photos parlent pour nous de ce moment. Nous y sommes restés deux heures.
En fait d’eau gazeuse on a bu un coup à l’hôtel « La pergola », mon lieu de gîte suite à l’erreur de l’office du tourisme. Et c’était le dernier soir des jeunes, Agathe, Jeanne et Youssef les trois amis d’enfance venus se retrouver pour quelques jours sur un chemin. Ils repartiront avec des ampoules et tendinites mais sans doute avec l’envie de recommencer en mieux …
Le repas du soir a été une daube de bœuf au vin, pas loin d’un bourguignon, mais pas un cassoulet comme pensaient certains … Un double expresso et un bon croissant ce matin et zou je quitte la cité médiévale au donjon pour la destination de Angles.
Comme l’annonce le panneau c’est un chemin tranquille pour la journée, quelques montées et descentes mais rien comparé aux jours précédents. Au départ je longe le lac en contrebas de Salvetat, je découvre le refuge de « Brice de Nice » qui doit attendre de pied ferme La Vague sur cette surface étale avec son surf … La plage n’est pas celle de Malibu mais il y a tout de même des « lifeguard » !! En tout cas les pédalos sont prêts pour la saison estivale. Pour l’instant la météo est au gris. Il bruine un peu.
La matinée s’étire sans accroc, j’enfile la protection de pluie sur le sac car il commence à mouiller, je prépare la cape au cas où … et finalement je ne la mettrai pas, les gouttes cesseront de tomber. Après une pause pain au chocolat et un FaceTime avec le fiston et la petite fille je repartirai tranquillement. 12h15 pause déjeuner : au menu sardines à l’huile d’olive, pomme et banane, et petits gâteaux secs.
La seconde moitié du parcours est tout aussi en douceur, le long de sentiers forestiers ou de voies plus larges. Un peu de bitume pour finir les deux derniers kilomètres avant Angles, toujours sous un ciel chargé et avec un vent qui s’est levé vers midi et forcit de plus en plus.
Dans ma galerie de portraits animaliers je croise un nouveau hanneton ainsi qu’un troupeau de brebis : à mon passage c’est un concert de bêlements, elles se mettent même à suivre mon pas, peut être mon bâton de marche leur fait il croire que je suis le berger ?? Ainsi s’achève la journée, 5h de marche et quelques 22km. Demain je m’approche un peu plus de la ville de Castres, c’est pour lundi puis de Revel et de la sortie du parc régional. Ensuite direction le canal du midi et Toulouse.
Pour le contretemps vous découvrirez à la fin mais rien de bien grave.
La journée a commencé un peu plus tard, 8h25, c’est bien. Pas de précipitation pour les 22km à venir sans grosse difficulté, il faudra prévoir 5h30 environ. Le temps est au beau, ciel tout bleu. Je laisse derrière moi le gîte. Petite fraîcheur matinale et les rayons de soleil luisent dans la rosée. Conditions idéales.
Comme le titre l’indique c’est une marche bucolique dans un environnement soit forestier soit champêtre avec des prés pour brebis et moutons. Le chemin est impeccable, pas de route bitumée.
Nos longerons le lac dont le niveau est très bas. Quelques pêcheurs tentent leur chance. Pour ma part je suis plutôt intéressé par les magnifiques chênes qui bordent les rives.
Au bout du lac c’est Villelongue où je déjeunerai vers 11h45. Au pied de l’église sur un banc au soleil : heureusement car le vent s’est levé en milieu de matinée et c’est un peu frais.
C’est à ce moment que survient le contretemps : coup de fil de l’office du tourisme qui m’informe que la réservation du soir au gîte municipal ne peut être honoré il n’y a plus de place ils se sont trompés. Ils me proposent une alternative qui conviendra, en restant à Salvetat sur Agout. Ouf …
Je repars sitôt le déjeuner fini. En chemin je croise un scarabée ou un hanneton sur son 31 dans son habit métallisé : une sortie en discothèque peut être ?? 15h35 arrivée à l’office du tourisme : confirmation j’ai une chambre au café hôtel « la pergola ». Et j’irai dîner au gîte car j’avais fait des courses en prévision et je me trembale une boîte de 450g depuis ce matin, pas question que je continue. Vous saurez demain quel est ce repas du soir …
De Saint Gervais sur Mare à Murat sur Vebre la théorie annonce 22km assez facile … mouais, à voir !
En attendant, hier soir c’est diner de groupe à la pizzéria du village, 10 places, avec Philippe et Thomas en premier plan, Colleen et Sacha et Dimitri, au fond Youssef avec Jeanne et Agathe, à droite et au fond deux belges, Elly et Toon (Antoon en fait). Tout ce petit monde se suit depuis quelques jours, manquent Anne-Sophie et les deux espagnols restés dîner au gîte.
Le village est assez mignon avec quelques clins d’œil comme cette vieille pompe reconvertie, ce reste de l’ancienne poste sur la place principale et cette mairie clinquante dans un environnement qui tend plutôt à se défraîchir : étonnant ! Il y a même un ascenseur pour personnes à mobilité réduite !
265km déjà depuis Arles
De façon très étrange hier soir à 18h50 le clocher a sonné une musique surprenante. Si vous avez le titre je prends …
Démarrage à 8h ce matin, la météo nous gâte encore avec ce ciel bleu, juste quelques nuages et la lune pas encore couchée. Passage par la boulangerie pour un sandwich ce midi et une douceur … vous verrez bien.
Et c’est parti pour une première ascension, petit chemin de forêt, avec une belle pente, puis une voie forestière et de nouveau en forêt, ça grimpe.
La tempête de cet hiver a fait souffrir les arbres, beaucoup sont à terre, certains ont eu des passés tumultueux : foudre ? feu ? Ils ont des allures étranges.
Je fais une pause à Andabre, alt 376m (on va monter à 1000m), au bord de l’eau et je déguste mon premier pain au chocolat depuis 10 jours.
Toute la matinée le chemin passe le long ou au travers de petits ruisseaux plus ou moins formés, il y a pas mal d’eau dans le coin. Le Nougayrol me fait penser à Nougaro, les sonorités sont proches. 2h déjà et un peu plus de 7km, le rythme est bon.
Castanet-le-haut est vraiment mignon comme petit village. Quelques maisons ont des façades finies en ardoises, de larges plaques, je n’avais jamais rencontré cela, sans doute très local. Un intrus à quatre pattes s’est glissé dans les photos, il me regardait passer d’un œil curieux, image destinée à une personne qui se reconnaîtra. La dernière maison du village s’appelle la Planque et j’avoue qu’ainsi placée ce n’est pas une contre vérité. Son jardin donne sur la rivière, un coin bien tranquille.
Après ce village une voie forestière plus calme amène jusqu’à une ancienne bergerie rénovée. Mais juste après de nouveau un sentier qui ressemble à une face d’escalade, j’exagère, nous amène sur une vue magnifique. Durs efforts qui valent le détour.
Et pour couronner cela le chemin s’enfonce entre les arbres, effort redoublé, je suis bien exténué. Le 1km en près de 20mn !!!
J’en profite pour faire une pause pomme, quel délice !!! Les décors sont superbes vraiment. Je croise la première limace … et pourtant il n’a pas plu.
Sur le chemin de Grateloup je me dis qu’avant de le gratter Il faudrait le croiser le loup … Bon je n’y tiens pas non plus spécialement. Peu avant midi après presque 4h et près de 15km je fais la pause déjeuner, un banc présent à juste propos me tend les bras. Je déguste mon sandwich au jambon de pays devant ce paysage.
Je redémarre tranquillement, direction le col a 888m. Le chemin débouche sur une halte où je peux prendre un bon café, 30mn de pause au soleil, bientôt le point culminant à 2 km de cette matinée et ensuite la descente.
Le chemin glisse maintenant entre des frènes, le sol est tapissé de leurs feuilles mortes, un vrai délice pour les pieds. Le pic d’altitude à un peu plus de 1000m est passé.
J’effectue une descente éclair en 11mn30 au km, en mode skieur de télémark … juste parce que le chemin est une moquette de feuille … A l’arrivée c’est une vue dégagée sur le vallée et au loin des montagnes, sans doute vers les Causses.
C’est sous un ciel toujours bien clément que s’achève cette journée, l’arrivée à Murat sur Vèbre me permet par hasard de rencontrer le traiteur, Olivier, qui nous fera le repas prévu pour le gîte à neuf personnes. Au menu asperges, poisson et gratin de choux fleur, choux perdus (façon pain perdu mais avec des choux) sauce caramel salé. Pantagruélique.
Je lui ai pris des nectarines délicieuses que je vais goûter avec un bon thé après le rituel : douche, entretien des pneumatiques (comprendre massage des pieds à la crème Akileine Relax), et lessive. Et voici une bonne journée finie, moins dure … mais quand même !
Départ de Lunas, une autre petite bourgade endormie comme beaucoup de celles visitées, pour une journée longue. Je croise ces pubs anciennes toujours accrochées aux portes, une autre époque. A 7h30 sur le chemin pour 28km et du dénivelé à revendre. Optimiste !
Coup de chance à nouveau la météo est favorable, un peu de fraîcheur, mais je sais que je vais vite avoir chaud, très chaud. A la hauteur de l’Orb, petite rivière à la sortie de Lunas, je constate que je ne suis plus très loin du lac Salagou. A l’angle d’une maison une bonne âme a déposé ces indications de directions pour ne pas se tromper de chemin.
Après 3km et au delà de cette maison ça commence très fort. En fait ce sont 4km de montée sur un petit sentier de forêt avec une pente d’enfer et des cailloux qui roulent partout. Un vrai coupe jarret ! Le spectacle vaut le chemin : les châtaigniers ont remplacé les figuiers. Ce n’est plus le même sous bois.
Ensuite c’est une piste de forêt, large et souple comme revêtement, sur 8km. Paysages superbes et changement de végétation. On passe aux pins avec l’altitude.
On enchaîne les cols : 592m, 625m, 666m, 700m, en pente douce.
Les 3 derniers km sont plus ardus, toujours sur la piste forestière. La température se rafraîchit. Je me pose à 11h30 après 4h d’une bonne marche, à près de 1000m pour un repas réparateur.
Après avoir repris des forces c’est le départ pour la descente, 10km vers Saint Gervais sur Mare. Comme pour la montée cela débute avec des grandes allées forestières, tranquille cool. Jusqu’au hameau de Mècle tout va bien, bon rythme.
Après le hameau c’est une autre histoire : de nouveau des petits chemins étroits et pierreux. Avec la fatigue il faut redoubler de prudence pour ne pas se tordre une cheville, les articulations souffrent. La fin du chemin est très difficile.
Au détour d’un dernier virage la destination apparaît enfin, village blotti au creux d’un vallon. Dernier chemin, derniers cailloux et efforts avant de retrouver le plancher des vaches. Durant toute cette journée passée presque seul à marcher je me suis senti déconnecté totalement, à l’écoute du corps dans cet effort long et exigeant, et au final c’est comme un atterrissage lorsque l’arrivée est effective.
L’ancien cinéma, désormais fermé, a connu une rénovation avec cette fresque honorant Belmondo. Le secrétaire de mairie faisant l’accueil du gîte m’explique que son fils, Paul Belmondo, a fait l’inauguration en 2025. Dommage que l’activité n’y soit plus maintenue, c’est une salle communale maintenant.
Hier soir, la météo prévoyait une journée pluvieuse bien arrosée, il n’en fut rien l’erreur en ma faveur est de bonne augure. En ouvrant la fenêtre de la chambre, je constate que le ciel est bleu parsemé de quelques nuages, mais l’essentiel c’est qu’il ne prévoit pas de pluie pour toute la journée.  les chaussures ont quelques traces d’humidité à l’extérieur. Mais l’essentiel c’est d’être sec à l’intérieur. 
Le profil de la journée annonce une montée sur 9 km et ensuite une descente tranquille de 8 km environ jusqu’à Lunas. Au départ, je croise les deux acolytes de colleen rencontrée précédemment, ils ont dormi à la belle étoile sous la pluie, semble-t-il, des rudes gaillards. Hormis un début un peu escarpé, le chemin est ensuite assez tranquille et en pente douce, et en prenant de l’altitude, la vue devient réellement magnifique  
Dimitri & Sacha
Les paysages sont superbes au fur et à mesure de la montée. Malgré le soleil qui pointe les escargots se baladent. Une brise assez soutenue qui a poussé les nuages continue à rafraîchir la température, tant mieux.
Au terme d’une montée pas trop difficile finalement je rejoins le point culminant du jour. J’opte pour un chemin qui va serpenter sur le flanc de la montagne, assez exiguë et pentu. Mais par contre c’est la pleine nature, pas un bruit parasite juste l’environnement naturel : un bonheur.
Je partage 10 secondes de ce bruit de vent et rien d’autre dans le sentier.
Quel calme …
Entre les dévers, les ruisseaux à franchir, ce bout de chemin tient l’attention en éveil tout le long. Un vrai plaisir de se sentir immergé et déconnecté ainsi le temps de rejoindre l’étape.
Celle ci approche, peu avant Lunas se trouve la chapelle de Nize et sa fontaine aux yeux. Je me suis arrêté à la chapelle pour déjeuner, une boutique y est ouverte, je profite de l’occasion pour agrémenter mon repas de ce doux breuvage frais.
Petit rappel sur la conduite à tenir en cas de rencontre avec des chiens de troupeau, de moutons notamment, je prends soin de le lire attentivement. Lunas est un petit bourg assoupi, très assoupi … j’ai un peu d’attente avant l’accès au gîte, j’en profite pour rédiger partager ce post. Demain je crains la météo …
Déjà hier elle était annoncée mais on ne l’a pas vue. Pour aujourd’hui c’est sûr elle fera sa venue : il pleuvra. Un coup d’œil à la fenêtre après le petit dej et oui il pleut. Je quitte le gîte à 8h, nous étions 7 dans le dortoir homme, 6 côté femme ; il y a eu un rush. La journée est assez courte, 15km de prévu et gîte individuel pour un bon repos ce soir.
Tenue d’escargot obligatoire, la cape au dessus du tee shirt car il fait assez doux et l’effort va vite se faire sentir avec la première montée. Je croise un compère avec la même tenue, lui semble apprécier la météo. Ceci dit la pluie n’est pas un obstacle si ce n’est psychologique. Une fois lancé et mouillé on l’oublie vite.
Le parcours du jour est une côte, un plat, une descente. Le plus difficile est d’assurer ses pas sur les surfaces détrempées et glissantes des nombreux cailloux et des plateaux rocheux. Le maniement des deux bâtons devient un art, pas loin des majorettes !!! Attention à la chute ou à l’entorse, la prudence est de mise.
Un autre escargot me cligne de l’œil en passant. Le parcours alterne entre chemin de sous bois très étroit ou plus large sous les pins. Au détour du sommet de la cote j’aperçois la vue et le ciel qui commence à se dégager. 1h45 de pluie et ensuite accalmie … j’ai connu bien pire.
Le train est soutenu ce matin, je rejoindrai Lodève pour le déjeuner sûrement. Je surprends des jeunes poulains vieux de deux semaines pas plus, ainsi qu’un troupeau de biquettes profitant de la fin de la pluie pour se rendre au pâturage. Les petits chevreaux ne sont pas bien vieux non plus.
Dans la descente vers la destination finale je capte cette photo d’une maison près de la rivière en contrebas, la Lergue. Le téléphone est dispo sur la pancarte … si intéressé ??!!
Cette maison m’inspire la proposition musicale du jour.
Mais d’abord un rappel d’hier soir à propos de la procession des escargots. En fait d’escargots c’est de coquilles qu’il est question. Le 2 mai Saint Guilhem organise une fête dont je ne sais pas si elle est religieuse ou pas, à cette occasion les habitants illuminent leur pas de porte avec des coquilles d’escargot qui ont été remplies de cire. Ces bougies sont allumées et disposées ainsi dans la rue. La procession est celle des badauds et des enfants qui viennent voir ces installations.
Avant cela j’ai fait un petit tour du village et de l’église.
Le platane qui orne la place principale serait de 1855 … Il aurait donc 170 ans !! L’occasion de prendre un verre avec les marcheurs rencontrés depuis 6 jours.
Le chemin démarre de la place. Pas de soleil, température modérée, prévision de pluie potentielle.
Je vous laisse apprécier les paysages, c’est enfin un chemin en pleine nature, 4km de montée la dernière image vous montre le dénivelé.
Malgré mon expression tout s’est bien passé, vue d’ensemble superbe. Dans la descente je suis doublée par un fou furieux avec un sac de 22kg !!! Mais comment fait il ?
Au creux de la descente qui suit cette ascension j’arrive à Arboras, c’est dimanche très calme donc. Une petite place est honnêtement appelée « placette » … des gens rigoureux ici ! Il est midi c’est l´heure de la pause dej : salade chèvre chaud et Perrier citron.
C’est reparti pour la seconde montée du parcours. Toujours en pleine nature. Je croise un groupe de marcheurs qui a fini son parcours du matin et organise un picnic festif ! Finalement il n’aura pas plut, super.
Cette immersion en pleine nature a été un plaisir qui manquait depuis le début du chemin. je vous fait profiter de 15 secondes de ce silence réparateur. Quelle tête je fais !!!
Il fallait s’y attendre week end du 1er mai c’est le rush sur le chemin et à l’arrivée les gîtes sont pleins. Les marcheurs qui n’ont pas assez anticipé vont se retrouver marron.
En attendant d’y être ce matin départ bien tôt, peu avant 8h nous sommes en route avec Laurent. La route de l’horloge sonne au moment où nous y passons 8h pile. Les figuiers emplissent l’air de leur douce odeur, il y en a beaucoup et plein de fruits ! La forme est bonne et le chemin s’enfonce rapidement dans un sous bois frais.
Après les sous bois et une montée juste après qui annonce les jours prochains, arrivée à La Boissière et ses hirondelles qui se réchauffent au soleil montant.
Ce panneau de nom de rue m’inspire une potentielle contrepèterie dont je vous laisse le soin de faire des propositions. Tout est sec encore pour l’instant, la fontaine ne donne rien et rien sous le pont. On enchaîne avec un bout de bitume (trop de bitume encore) et je me fais doubler par des cyclistes qui descendent en trombe, on n’entend pas leur vélo, et ne répondent pas au bonjour que je leur lance … tant pis.
Le gardien des brebis occupe un terrain avec autobus reconverti en maison immobile, quant au catamaran je cherche sa fonction. On a encore un ciel bleu en fin de matinée mais déjà des filets de nuage pointent. Le paysage devant annonce le prochain parc régional du haut Languedoc. Traversée de Aniane avant la pause déjeuner.
On se trouve avec Laurent et Thomas un coin ombragé pour la pause repas. Le paysage est superbe face à nous. Rapidement je rejoins le pont du diable avant la destination : c’est un lieu de saut à l’élastique … bien trop haut pour moi !
La rivière qui sinue au fond sert de terrain de jeu pour du canyoning. Attention à la montée des eaux car la route d’où je prends la photo a déjà été inondée … Il y a un lieu de visite particulier aussi à coté : une autre contrepèterie ??
Finalement au terme des 22km c’est Saint Guilhem le Désert, nom étonnant. Petit village pittoresque plein de touristes en ce week end. Je ferai un tour après ces lignes publiées. Comme il est tôt, 14h, une fois le gîte atteint nous attendons l’ouverture, en compagnie d’autres marcheurs : des italiens, deux couples. Et là me revient la scène du gîte des « bronzés font du ski » …. Ouf ce ne sont que des marcheurs de passage. Le gîte est un refuge du club alpin et le dortoir est typique de ce qui devait être un gîte alpin … on verra ce que donne l’expérience.
Ce soir c’est la procession des escargots à 21h une occasion de belles images pour demain …