En espadrilles …

Départ ce matin de Hôpital Saint Blaise avec son gite géré en autonomie par la mairie. Village de 59 habitants le gîte est géré pour les réservations via un site web excellent. Un accueil par un responsable du patrimoine est fait à l’église. Puis le repas prêt à cuisiner est disposé dans un casier dédié accessible avec une clé donnée à l’accueil. Mon menu : garbure royale au manchon de canard confit (!!), pâtes à la bolognaise (vraie sauce tomate avec des morceaux de veau !!), et un gâteau basque. Bien copieux pour le soir. Et direction Mauléon-Licharre, capitale française de la production d’espadrilles (60% encore), d’où le titre … Un petit 18km donc ça devrait aller vite.

D’autant que je pars tôt, 7h30. Je passe sur les désagréments du pèlerin qui s’est réveillé à 6h, fait un foin d’enfer en cuisine et s’est recouché ensuite. Du coup réveillé à 6h30 je me suis préparé et suis parti bien tôt. La météo est bien différente de la canicule annoncée : ciel couvert, nuages très bas avec une brume limite brouillard. Je ne sais pas si je suis dans les nuages ou si la brume est basse… toujours est il que c’est très humide, pas trop chaud, donc mieux pour marcher. La rosé déposée offre des photos sympas à faire.

Le chemin va être aux trois quarts en forêt, un vrai plaisir d’y être seul dans autre bruit que ses propres pas, les oiseaux, quelques bovins et ovins au loin avec leurs cloches, et le son de la pluie qui tombe des feuilles par accumulation de brume. (Montez le son).

Les chemins zigzaguent pas mal et le profil est plutôt vallonné : montée et descente s’enchaînent.

Je croise une dame anglaise et son cocker. Photo pour amateur de bête à quatre pattes de cette race. L’humidité ambiante imprègne bien les chaussures mais c’est étanche, tout va bien donc, à l’aise. 8h20 et déjà presque 4km couverts. Je prends de l’altitude avec le chemin et je rejoins les nuages qui se déplacent avec un léger vent. Les portillons rappellent le chemin en Aubrac, c’est une zone pastorale ici. L’étroitesse du sentier pousse à l’obscurité parfois d’autant qu’il n’y a pas du tout de soleil, et c’est tant mieux.

J’ai la sensation d’être loin de tout, et cette masure abandonnée me dit que je n’ai pas dû être le seul. Le rythme est rapide ce matin comme hier, un boost en me rapprochant de la fin du parcours … deux copines limaces sont elles en mode slow motion mais elles profitent de l’humidité ambiante plus favorable à leur métabolisme. Je confirme que c’est bien le pays basque ici : les panneaux sont en deux langues et les noms incompréhensibles.

Je suis doublé en pleine côte dans le sous bois par un vélo sur lequel le cycliste ne semble faire aucun effort : et pour cause c’est un électrique. Au bout de l’allée on le voit à peine au fond avec la brume malgré son feu arrière. On voit sur mon tee shirt les petites gouttelettes d’eau sur les épaules, et on lit l’effort et le bonheur d’être là sur mon visage 😉. 9h40 premiers signes de village depuis deux heures. J’ai bien fait de prendre un sandwich l’avant veille en prévision de ce désert d’habitat.

Quelques moutons basques paissent paisiblement, une herbe bien humide. Encore six petits kilomètres et enfin voici Mauléon. Une belle coquille en bronze accueille le pèlerin à proximité de la mairie et guide ensuite vers le gîte municipal. Gîte très confortable pour la soirée et y préparer un dîner. Mais ce sera dîner à la brasserie de l’Europe ce soir. Où je déguste cette petite bière locale EGUZKI. Le trinquet est en nettoyage sans doute en prévision de rencontres de pelote basque prochaines. Ce jour c’était la dernière lessive des 34 jours …

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