Maubourguet : 653km sur le GR653

Voilà ça c’est fait ! Les prochaines étapes pour se les mettre en tête : Anoye, Morlaas, Artiguelouve (Pau), Oloron Ste Marie, St Blaise, Mauleon-Licharre, Saint Just Ibarre, SJPP. Huit étapes de 23 – 15 – 28 – 24 – 24 – 18 – 21 et 25km. En fait plus le but approche plus je m’impatiente d’y être … inutile il faudra faire chacune d’elle entièrement. Bon mercredi 28km et une météo qui va plomber !! On verra bien …

En attendant aujourd’hui il a fait bien chaud, et les 20km se sont répartis aux deux tiers en chemin et un tiers en bitume, à la fin notamment. Mais cela s’est bien passé. Hier soir j’ai profité de la petite terrasse ensoleillée le plus tard possible car il faisait encore chaud pour se coucher. Départ ce matin vers 8h25, il faut rejoindre Marciac distant d’un petit km afin de s’approvisionner pour le midi. Sandwich, pommes et chocolatine. Il a fallu attendre 9h l’ouverture de l’épicerie, puis go !

Rien de particulier, hormis un escargot et une limace qui allaient se réfugier du soleil dare dare au risque sinon de finir cuits sur place ! Pour ma part je cuit en avançant. Mon short ne tient plus que par la ceinture ventrale du sac à dos. Dés que je pose celui ci il faut penser à tenir le short : on verra la perte de poids en rentrant … La vue sur les montagnes reste exceptionnelle. C’est superbe. Je profite de la moindre occasion, fleurs ou vaches pour m’arrêter et faire une ou deux photos. Je récupère et me désaltère. A l’église d’Auriébat je trouverai un point d’eau pour boire bien frais, renouveler l’eau de la poche dans le sac, m’asperger la tête et la casquette avec pour garder de l’humidité.

Les terres sont bien sèches, et ils viennent de planter du maïs … par contre les fleurs en profitent et leur odeur est partout sur le long du chemin. À l’entrée de Maubourguet je découvre qu’il faut enjamber l’Adour, proximité avec Aire sur Adour, traversé lors du chemin en 2024. Au final j’arrive un peu avant 15h après une bonne longue pause déjeuner sous un arbre fournissant l’ombrage nécessaire. Demain c’est Anoye … mais pas au Vietnam hein !!!

Ça va jazzer …

Et oui direction Marciac, lieu du célèbre festival. Bon mais moi ce sera le camping du lac et ses cabanes. Hier soir Patrice et Maryse, les propriétaires de l’ hôtel restaurant de Montesquiou qui n’est plus en activité, nous ont servi un dîner succulent. Le bâtiment est dans son jus et même s’il est ancien les chambres ont tout le confort souhaité d’un marcheur. Savério, l’italien qui marche plus vite que son ombre, a dû «  rebrousser » chemin sur Montesquiou alors qu’il était à Marciac. En fait il avait déjà séjourné la veille et faute de place à l’étape suivante Patrice est allé le chercher en auto. Ce matin il le déposera à l’endroit où il était la veille pour repartir. Diner excellent pour nous trois donc.

« L’auberge Montesquiou « s’éveille ce matin avec un ciel bleu encore mais parsemé de traces d’avions et un fond laiteux avec les Pyrénées.

Distance moyenne pour aujourd’hui avec un parcours aménagé pour éviter les grosses chaleurs. Avec Philippe nous avons opté pour un raccourci sur la fin qui nous fera prendre une départementale et gagner une heure et demi. Donc 18km au programme. Et l’après midi nous donnera raison. Les taureaux dans les champs sont des taureaux de combat d’un ami de Patrice, ils participent (enfin ce n’est pas un choix de leur part …) à la corrida qui se tient tout le week end de Pentecôte à Vic, 20km au nord de Montesquiou. Viande saoule garantie !!! Je prends une photo des bestiaux de loin.

Rien de particulier sur le parcours, sinon qu’il est en grande partie en sous bois et donc abrité du soleil qui pique déjà dès le bon matin. Au passage sous un tilleul juste en fleur un bourdonnement intense attire mon attention : l’arbre est visité par des centaines d’abeilles je pense qui font le plein de sucre pour faire ce que les Québécois appellent «  du jus d’cul d’abeille » autrement dit du miel ! Le bruit est impressionnant mais aucune crainte elles sont trop occupées.

La balade se poursuit tranquillement, je continue à perdre des kilos avec ce que je transpire … chouette, et les couleurs sont éclatantes aujourd’hui. Toutefois les montagnes enneigées plein sud sont dans une lumière ouatée qui les rend à peine visible.

Je croise une bande de copines qui digèrent tranquillement alors que l’une d’elle semble s’enquérir des passants le long du champs. Enfin après le dernier effort pour six derniers kilomètres de bitume (le raccourci, il faut ce qu’il faut) je parviens au camping du lac. Juste à midi. Le camping est peu occupé, trois camping car dont deux hollandais, et un très original, ancien et en bel état d’entretien. La bonne surprise ce sont les petites cabanes individuelles, ça va être bien sympathique. La seconde surprise c’est la piscine, j’en profiterai bien l’après midi. Une bien belle journée, hier j’ai franchi les 600km, 608 précisément, et demain marquera la fin de la quatrième semaine. Le but est en vue, quelques jours encore avant SJPP.

Et la recommandation musicale bien sûr …

Montesquiou : mont sauvage

Le lieu du gîte hier, La Moge, à Barran, était vraiment champêtre. Une ferme. Un bâtiment réhabilité en lieu d’accueil, mais avec poules, cochon et brebis. Nous avons fini le dîner sur une note d’armagnac et de prune au sirop !

Le couché de soleil avec ce ciel totalement dégagé était paisible.

Au levé de soleil de la chambre j’ai assisté à un flamboiement du ciel.

Et de mon lit fenêtres ouvertes j’ai suivi pendant 30 minutes le ballet des hirondelles qui allaient et venaient sur leur nid juste au dessus.

Mais il est 8h30 et c’est l’heure de partir, il fait déjà chaud, la distance vers Montesquiou n’est que de 15km. Une hirondelle vient nous dire au revoir. Le clocher de l’église de Barran fait partie de ces clochers « tors » existant en Europe (une centaine) qui ont cette architecture particulière de spirale des faces (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_clochers_tors#:~:text=Un%20clocher%20tors%20ou%20clocher,pyramide%20coiffée%20d’une%20flèche.)

Le soleil est bien au rendez vous. Les Pyrénées sont toujours enneigés. A la différence d’hier le chemin est bien un vrai chemin entre champs et bois. Parfois très herbeux où la progression est moins aisée, c’est tout de même bien plus agréable que le bitume.

Montesquiou se profile, plus que trois km et demi. Encore un hangar tout neuf surmonté de panneaux solaires. Il y a une politique d’incitation forte à construire ceci pour les agriculteurs : un arrangement entre producteurs d’électricité et cultivateurs en mode gagnant/gagnant. Première vigne qui réapparaît dans le paysage rural. Et enfin Montesquiou : en fait de Mont sauvage c’est surtout un mont et les 3 km de fin sont une pente continue … douce mais continue. L’arrivée est bienvenue et malgré une courte distance la fatigue se ressent. J’en profiterai cette après midi pour une sieste réparatrice.

Serpentin de bitume et tempête de ciel bleu

Nous avons eu hier soir un superbe coucher de soleil chez Nadège et Hervé qui m’hébergeaient avec Marine et Corinne, déjà rencontrées à l’Isle Jourdain. Une photo de groupe à la fin du petit déjeuner, puis départ tôt dès 8h.

Pour illustrer le titre qui décrit la journée voici ce qui sera mon lot durant 28km et un peu plus de 6h : du bitume du bitume et un soleil bien chaud dans un ciel bleu immaculé.

La journée va se transformer en exercice physique que je réaliserai somme toute correctement : les pieds ont eu chaud, j’ai eu chaud, mais après la douche, la lessive et une boisson bien rafraichissante cela va mieux déjà. Le paysage de part et d’autre de la petite route se compose uniquement de champs cultivés. L’avantage de la petite route est la circulation très limitée à de rares voitures. C’est déjà cela de gagné en terme de sécurité. J’ai cru être arrivé dans les Alpes à la vue du nom du hameau « A Laplagne » … mais pas de neige … Je croise Montaigut sur ma droite au loin, et son château dominant la vallée. 9h50 je suis en vue d’Auch, et de sa cathédrale au loin. C’est jour de marché. Après un bon café et la chocolatine de rigueur, je monte vers la cathédrale.

En chemin je rentre dans le jardin du musée des Amériques, jolies sculptures exposées, mais je ne m’attarde pas … 28km …. Je passe rue Rabelais, c’est chez moi !!??, alors qu’un avion file tout droit haut dans le ciel.

L’ascension vers la bâtisse passe par un escalier magistral dominé par la statue de Dartagnan. Il surplombe la ville et son regard couvre toute la vallée où coule le Gers.

La cathédrale Sainte Marie d’Auch est très belle, majestueuse. Encore une fois je ne m’y attarde pas … 28km. En sortant et prenant le chemin pour quitter la ville je tombe sur cette maison où Henry IV serait passé … soit. L’escalier mentionné sur la porte serait à voir. Elle est ouverte, j’en profite, c’est vraiment superbe !

Je repars fissa, à la sortie de la ville je tombe sur ce jardin orné de constructions métalliques réalisées par un bricoleur artiste éclairé : c’est étonnant ! La sortie de la ville commence par une côte bien corsée, toujours sur le bitume. A la vue du hameau « la pause » j’ai hésité mais pas bien longtemps … 28km. Le serpentin reprend son déroulé.

A midi j’ai parcouru 16km, je traverse le bois d’Auch toujours sur le bitume. Un parc d’activité sportive me proposera une belle table en bois pour la pause déjeuner. Celui ci fini je repars et à la sortie du bois la direction pique plein sud et les Pyrénées s’affichent à nouveau dans le viseur ! Quelle vue ! Et ensuite non content de ne fouler que du bitume celui-ci est en cours de réfection … en fait je trouverai de simples graviers gris et bleus qui bouchent les trous de ces petites voies départementales.

Du bois d’Auch dont je ne foulerai pas les sentiers, je passe à la forêt d’Armagnac. Un peu d’espoir … Le soleil est au plus haut à 14h, 10km encore. Avec ce temps les foins sont coupés et retournés pour sécher au mieux. Enfin je rentre dans la forêt : tapis de feuilles mortes sur une terre encore grasse, mes orteils en frétillent de plaisir ! Plaisir de courte durée, même pas un kilomètre. Grrrr … 28km … c’est reparti sur des voies certes petites et pas fréquentées du tout, mais encore du bitume. Et pour couronner le tout c’est vallonné, ça monte, ça descend, et ça remonte …

Enfin j’aperçois le clocher de Barran, destination de l’étape du jour. 6h10 donc et 28km, satisfait de celle-ci, il n’en reste que des plus petites. Dimanche fin de la quatrième semaine et il restera sept jours de marche 👍. Ceci dit notre gîte, j’y retrouve avec plaisir Philippe l’ami belge, est confortable. A la ferme. Les brebis surveillent d’un oeil torve les effets en mérinos que j’étends au séchage. Pas de chance la piscine est en cours de remplissage … Il faudrait revenir dans deux jours … Je finis ce post les pieds sur cette chaise en étirant chacun des orteils … et oui 28km …

J’peux pas j’ai piscine !

Le tracé du jour va m’amener de Gimont à Roquetaillade, un peu avant Montaigut. Philipe quitte le gîte en même temps, nous parcourons les 2-3 premiers kilomètres ensemble puis il avancera plus vite. En outre il dormira lui à Montaigut, moi un peu avant faute de place restante dans son hébergement. Mais j’peux pas j’ai piscine …

L’église gothique médiévale de Gimont du 14eme domine avec sa tour octogonale qui elle a été montée bien plus tard et finie au 17eme. C’est jour de marché sous les halles et à 8h15 cela s’affaire déjà. Nous avons pris des sandwiches pour le midi à la boulangerie du petit déjeuner : café chocolatine ! A la sortie de Gimont la Chapelle Notre Dame de Cahuzac est ouverte, une rareté désormais. Je croise un molosse qui a failli oublier de me regarder fixement sans aboyer ??? Pour ce début de matinée le ciel est un peu couvert mais il fait bon, je ne doute pas que cela va vite se lever. Petit rappel que nous sommes dans le Gers, capitale de la bonne bouffe en France, non ?

Je retrouve la tondeuse géante un peu plus loin dans le chemin. Hier ils ont cassé un axe, du coup réparation ce matin et s’est reparti. Je le doublerai car il fait sans cesse des allers retours avec sa chenillette. Je suis ravi du chemin qui alterne entre sentier des champs et petite route bitumée sans voiture. Un vol de héron décolle au loin, un peu plus tard c’est un rapace qui finit par quitter son perchoir.

Les paysages sont vallonnés et le regard ne se lasse pas de les détailler aussi loin que possible avec ce ciel qui peu à peu étire ses nuages pour dévoiler un bleu annonciateur de chaleur à venir. Peu de troupeaux de vaches mais quelques unes tout de même à la bouille bien sympathique. A l’Isle-Arné c’est pause croissant, vers 10h30 et 10km.

Après l’église de Paillan, toute petite et fermée, j’arrive à Lussan, avec son église tout aussi fermée. Elles sont très similaires dans leur architecture. Le restaurant du village est aussi fermé, le chef a une douleur à l’épaule, impossible d’ouvrir ce midi, la patronne appelle les clients pour annuler, et accepte de me servir un Perrier. C’est fou !! Non ?? Je mange mon sandwich ensuite au pied de l’église, à l’ombre.

Puis arrive Saverio, italien rencontré au gîte de l’écluse du sanglier, avant Toulouse. Il a déposé à l’aéroport son épouse rentrée en Sardaigne après quelques jours ensemble sur le chemin, et lui enchaîne des étapes de 40km et plus … une machine !! Puis ce sont Éric et Gilbert, de Royan, qui eux ont débuté plus lentement, leur progression est plus difficile.

Le sentier est très herbeux, la tondeuse n’est pas encore passée il y en aurait besoin. Il longe un étang. Je vous laisse écouter la cacophonie des batraciens.

Grenouilles ou crapauds ?

Au détour de Lussan il me reste une heure de marche environ, je flâne donc un peu tranquillement.

Petite étape de 19km, demain ce sera une autre histoire avec 26km. Mais du coup j’en profite cet après midi. Où serai-je demain ? Je ne sais pas j’ai piscine pour l’instant …

Vers Gimont

On quitte ce matin le gîte de l’office du tourisme de l’Isle Jourdain, exigu, un peu à l’étroit à six dans deux chambres. Il a fallu organiser un tour pour dîner hier sur la petite table de quatre personnes. Pas de pédalo ce matin, le ciel est encore un peu laiteux mais ça ne saurait durer, température de 14. La parcours est tracé dans des bois et à travers champs principalement. La journée devrait être sympa d’autant qu’il n’y a que 24km. Par contre le tracé longe une nationale quelques centaines de mètres, en contrebas, mais des travaux d’élargissement sont en cours et les remblais ont couvert le tracé. Du coup c’est un peu chaotique … mais ne dure pas trop. Juste après nous sommes dans un sous bois infecté de moustiques : ni une ni deux je dégaine le cinq-cinq pour protéger bras et jambes. Je balance une torniole à un imprudent qui a voulu petit déjeuner sur mon bras. Il n’aura pas le temps de le digérer. J’allonge le pas pour ne pas rester trop longtemps dans ce coin …

La météo est vraiment avec nous maintenant. A priori cela va tenir pour les dix prochains jours, ici au sud ouest de Toulouse. Il y a des tracés de chemin de fer et autant d’avions dans le ciel. Je suis à un moment surpris par un véhicule de tonte qui me suit sur le chemin. Il se charge d’aménager celui ci et du coup j’ai un tapis d’herbe fraîchement coupée juste devant moi, un plaisir pour marcher souplement.

Les panneaux confirment la bonne direction vers Compostelle, et au détour d’un bois sur ma gauche, je marche plein ouest, au sud les Pyrénées enneigés visibles très distinctement. De nouveau je vais traverser la zone de travaux d’aménagement de la N124, elle en a besoin car très encombrée vers et en provenance de Toulouse (Airbus est un gros pourvoyeur d’emplois ici a l’ouest de Toulouse).

Je continue à marcher sur l’herbe juste coupée du chemin, cool !!! 2h15 déjà de marche, environ 8km et c’est Monferran-Savès : halte prévue pour prendre le repas du midi, sandwich ou autre. Le Proxy du coin me fournira ce qu’il faut et son gérant m’offre même le café, attention toute particulière et très sympathique de sa part.

Je ne m’attarde pas plus que nécessaire, j’aimerais déjeuner vers Giscaro à 15km du départ. les champs sont très bien préparés et beaux. Une culture d’artichauts m’étonne un peu, je pensais qu’ils sont plutôt bretons … A un moment sur le sentier une colonie d’escargots semble s’être réfugiée sur les tiges des blés qui le longe. Tous à différents niveaux des tiges : je suis curieux de savoir pourquoi ils sont ainsi rassemblés.

Le paysage est plus vallonné que je ne pensais. Il enchaîne petites montées et descentes qu’épousent les champs tout juste semés ou recouverts de blés hauts déjà. Le soleil monte, presque 11h, mon ombre est moins longue en avant sur le sol. Un banc pour pèlerin me tend les bras et sa supplique « Jaquet profite de ton banc » ne parvient pas à me stopper. Direction Giscaro. Peu avant ce village le gîte du Grangé est accessible … pas encourageant d’y aller vues les chaussures en guise de parure !!

Enfin à Giscaro, 11h45 et 15km parcourus. Une table protégée par un toit me tend les bras pour faire la halte de midi. Après avoir mangé sandwich et banane, un monsieur en charge du café associatif de la salle communale juste en face me propose encore un café : quelle journée !! Nous discutons du chemin parcouru et à faire. Il m’explique la variante pour rejoindre Gimont : 4km au lieu de 8km … devinez quelle option je choisis. Je repars vers 12h45 ravi de cette halte. Je me fais un coucou au moment d’une photo facétieuse dans un miroir de circulation. Et peu après l’entrée de Gimont je croise le chemin de Philippe, parti un peu avant moi mais ayant lui opté pour le chemin régulier. Il aura parcouru 24km et moi 20, journée satisfaisante avec ce temps propice.

Nous logerons au même endroit. Chambre d’hôtes dans l’ancien presbytère. Nous profitons de l’heure précoce pour nous désaltérer près de la halle de la ville.

La halte gémontoise est étonnante : vieille bâtisse bien rénovée avec grand escalier, bénitier dans le hall d’entrée, statue de Jeanne d´Arc dans l’escalier et un Oratoire pour venir prier si les résidents le souhaitent. Un lieu étonnant et agréable. Une halte Gimontoise qui annonce l’arrivée vers Auch d’ici deux jours.

L’isle Jourdain, le Gers et la comtesse Dubarry

Rien de très clair dans ce titre mais en lisant Wikipedia pour savoir pourquoi ce lieu s’appelle L’isle Jourdain, https://fr.wikipedia.org/wiki/Seigneurie_de_L%27Isle-Jourdain, je découvre qu’il y a un lien, à la fin de l’article, avec la comtesse Dubarry. Et comme je suis entré dans le Gers entre Léguevin et l’Isle Jourdain, je me dis que le lien est peut être là … ???

Bref ce matin 12 à 13 degrés, nuages gris et bas, pas de vent pas de pluie. Impeccable pour cette petite étape de 17km en reprise après le break de dimanche. Rien de bien particulier à voir. Après avoir rejoint la forêt de Braconne par une petite route, le chemin est sinueux dans ce massif. Peu de signalisation avant de retrouver le GR653… un truc à se perdre car il y a plein de petits sentiers.

Une petite côte à monter aux deux tiers du parcours et l’on domine une nouvelle vallée, la descente va conduire jusqu’à l’Isle Jourdain. Je suis la route d’Artagnan, il y a pas mal de chemin de randonnée dans le Gers. Le dernier hameau avant la ville est peu engageant « guerre » quelle idée de se nommer ainsi !!?? J’arrive finalement en 4h à l’Isle Jourdain, passage rapide en ville pour s’approvisionner afin de dîner ce soir au gîte pèlerin. Du coup j’en profite pour passer place de la mairie, puis vers l’église. Elle est en travaux, les rues sont barrées. Un paroissien m’aperçoit et me fait signe. Je rentre dans l’église par l’aumônerie, il m’appose le tampon sur la crédentiale et me fait visiter le lieu. À la sortie de l’église une statue de St Jacques.

Le gîte est attenant à l’office du tourisme, pratique. Mais aussi à une guinguette, bruyant ce soir ?? On verra bien. Je déjeune de mon sandwich du midi en compagnie d’une paire d’oies qui elles aussi déjeunent mais elles broutent en fait … je ne sais pas si nous ferons du pédalo, mais l’après midi au bord de l’eau va être détendue … a demain !

Off !

Journée Off ! Hier je me posais la question d’aller visiter le centre de Toulouse … mais le temps était gris, température fraîche. Et puis une certaine fatigue aussi à la fin de cette troisième semaine. Et en regardant l’étape du lendemain pour rejoindre Léguevin je ne vois que du bitume au milieu des zones résidentielles, bref pas engageant. Décision est prise dimanche sera une journée off, et je visiterai Toulouse. J’ai fait un petit parcours touristique. Je partage quelques images de celui-ci.

Et je ne peux recommander que cette chanson :

Ouai

Toulouse enfin !

Oui enfin parce que ce canal du midi le long de l’autoroute pendant deux jours avec vent, froid et pluie ce n’est pas ce que j’imaginais. Certes le canal est beau, les écluses charmantes et le gîte d’hier très agréable. Mais les voitures à 200m font un bruit d’enfer, et pas de bol la météo n’a pas été de la partie. Du coup aujourd’hui 19km vers un hôtel au sud de Toulouse, en espérant avoir le courage d’aller visiter la ville dans l’après midi avec les transports en commun.

Hier soir le soleil nous a gratifié d’un coucher coloré sur les champs derrière l’écluse du sanglier. A 7h ce matin c’est une autre histoire : ciel bas et gris. Quelques gouttes d’eau. Et au départ à 8h elles se seront effacées, mais le fond de l’air est frais avec un petit vent.

Bien couvert je trace sur la piste cyclable. Je croise et suis doublé par une kyrielle de vélos, randonneurs en groupe ou solitaires ou bien cyclistes en recherche d’effort dans la vitesse. Bref je marche sur la gauche comme si c’était une route histoire de voir ce qui m’arrive en face. A chaque passage je balance un «  bonjour » sonore … sans réponse dans la quasi totalité des cas. C’est désolant … A l’approche de Toulouse ce seront des joggers qui de même répondront à peine aux bonjours. Un héron passe au dessus de l’eau, je capture son vol. A 11h il me reste 6km avant d’arriver, le train a été soutenu pour moi. Philipe parti après moi m’a dépassé et je ne le reverrai que dimanche soir au gîte commun que nous avons.

Les berges du canal voient un nombre de bateaux et péniches de tous types stationner, lieu de résidence pour leurs habitants. A Ramonville-Saint-Agne c’est un port intérieur dans la ville qui est installé. Le vol d’un Beluga XL au dessus de la ville me confirme être bien à Toulouse, terre (ou plutôt air) d’Airbus. Cet avion transporte les sections des composants réalisés en Europe et assemblés ici.

Pas certain d’avoir envie de traîner dans la ville cet après-midi, je verrai bien. L’inspiration musicale du moment est :

Des saints de glace … sans compassion !

Au réveil le premier réflexe est de regarder le ciel au dehors pour évaluer la météo. Bon il ne pleut pas encore, vent léger. Je croise les doigts … espoir modéré. Un lièvre surgit dans la prairie en face. Petit déjeuner auprès du feu de la cheminée qui a séché mes effets personnels durant la nuit après la lessive. C’est très agréable, pas vraiment envie d’aller affronter les éléments. Finalement le paquetage est refait, c’est rapide, surtout ne rien oublier. Pour aujourd’hui ce sera pantalon, tee-shirt, parka pluie et la cape ensuite. Les escargots sont à la fête : ils sont dans leur élément !! Maurice et marcel, ou marcel et maurice j’ai un doute ils sont jumeaux, sont de sortie justement.

Équipé, casquette et cape vissées sur la tête, je pars vers 8h15. Je profite pendant 30mn du temps clément, mais rapidement cela va se dégrader. L’arc en ciel au fond indique la présence d’eau en continu.

Et l’eau en continu m’est tombée dessus. Le chemin est «  facile » tout plat le long du canal du midi, avec quelques écluses en pointillés sur le parcours. Une heure de pluie sans discontinuer. J’ai froid aux genoux sur lesquels l’eau de la cape ruisselle. Je sais que dès la fin de la pluie cela séchera vite mais tout de même c’est froid. Par contre la voie verte est doublée de l’autoroute sur ma droite… c’est bruyant. J’écoute le podcast de Hervé Pauchon puis les maitres du mystère, cela divertit et coupe ce vacarme automobile. Je croise deux ou trois bateaux, un aviron en double. Les allées de platanes sont majestueuses, la pluie a cessé au bout d’une heure, elle reprendra par à coups. Le canal enjambe une rivière qui passe sous celui-ci aménagé en pont : belle prouesse pour l’époque, 1681 respect !

Petite pause café vers 11h, puis arrive midi et à l’écluse de Laval se niche un petit resto, personne encore. Je décide de me requinquer, me réchauffer. Au menu la petite bière pour se délasser, magret de canard et frites maison, tarte citron et café : le bonheur !!!

Après ce repas bien réparateur une petite heure de marche m’attends, 5km d’ici à l’écluse du sanglier. Pour la petite histoire elle s’appelle ainsi car lors de la construction du canal les bords s’effondraient toutes les nuits. Dés lors les ouvriers ont pactisé avec le diable pour lui promettre une âme s’il empêchait les destructions nocturnes. Une fois la section finie les ouvriers firent passer un sanglier qui fut ainsi la première âme à franchir l’écluse, puis vouée au diable et ainsi fut nommée l’écluse.

En attendant d’y être le soleil est réapparu et ça c’est une bonne nouvelle. Philipe, l’ami belge, m’a rattrapé après le déjeuner, il a avalé 25km quand j’en faisais 17 … Il fait de grands pas … on se retrouvera à l’étape.

Et l’écluse du sanglier la voici arrivée. Odile et Thierry y font l’accueil, je retrouve Philippe et aussi Andreas, ainsi qu’un couple d’italiens. Et a côté d’une écluse qu’est-ce qu’il passe ? Des bateaux … Donc on regarde les bateaux entrer dans l’écluse, l’eau monte ou descend, le bateau suit le mouvement avec l’eau, puis il sort de l’écluse. C’est lent. C’est reposant. Par contre les automatismes de l’écluse tombent en panne, et fréquemment un spécialiste doit venir les activer manuellement : le dernier batelier passé râle des dysfonctionnements alors que les éclusiers sont supprimés : les automates sont pour lui la fin du canal …

Recommandation musicale du jour extraite de la playlist entendue au resto ce midi, Ecluse 12 que je recommande chaudement :