Der de der ….

Me voici arrivé à la dernière étape, hâte de la finir et en même temps en profiter un maximum. Départ sous la même météo que depuis deux jours : ciel bas et gris, température modérée, humidité dans l’air. Le gîte qui nous hébergeait hier soir est une maison typique basque, la ferme est à coté. Petit chemin au départ ensuite ce sera du bitume. 22km estimés pour cette dernière partie. Et la fin se fera sur le même parcours que le GR65, voie du Puy déjà réalisée en 2024, mais juste 4-5km.

Ce sera une matinée très animalière et fleurie. En dehors des collines alentours qui se dévoilent dans la brume il y a peu de distraction sur les premiers kilomètres.

A Ibarolle je passe devant un atelier. L’inscription sur le mur « makila » fait référence au bâton de berger, pas le saucisson, qui est utilisé pour la marche, de fabrication artisanale uniquement au pays basque . J’ai recherché sur internet mais pas trouvé le producteur local. Peut être une ancienne activité … J’attends pour 2027 mon Makhila commandé en 2025, deux ans de délai, et hâte de pouvoir me balader avec.

Cette biquette a le sens de la photo : après avoir posé de face j’ai eu droit aux deux profils, je n’ai pas résisté pour les prendre chacun. Le ciel est plus bas que jamais peu avant 10h et la difficulté du jour s’annonce avec une pente de 3km pour me hisser à 510m, pas énorme mais courte distance et dans les nuages quasiment.

La montée offre une vue sur la vallée un peu comme hier, avec un ciel plus chargé sans doute, il annonce un changement météo pour le reste de la semaine. J’ai entendu parler de pluie à compter de mardi. La route est une zone pastorale et juste après le panneau je tombe sur un petit groupe de vaches. Elles sont paisibles. J’ai noté les remarques d’un commentaire m’invitant à prendre garde tout de même … je passe en prenant un portrait d’un veau et sa mère. Je continue de monter.

Dans ce brouillard quasiment au sommet de la colline je saisis quelques images d’un rapace qui tente de trouver une ascendance. Plusieurs minutes je le suis, il n’y a qu’un petit vent de pente, il peine à prendre de l’altitude. Je m’étonne qu’avec si peu de visibilité il vole. Sûrement ces oiseaux ont une meilleure vue que nous dans ces conditions.

Après les animaux volants les animaux rampants. D’aucun disent que je commence à parler aux escargots et que c’est un signe inquiétant, néanmoins l’avantage c’est qu’ils sont toujours d’accord avec moi …. Et ensuite j’enchaîne avec une autre bête à corne qui elle aussi prend bien la pose. 11h c’est la bascule vers la descente, le ciel se dégage.

L’objectif est de rejoindre la petite route qui passe à proximité de cette grande ferme en bas. Descente en pente douce c’est la fête je me réjouis tout seul !! Les moutons s’interrogent … Il a une drôle de tête ce type là … qu’est ce qu’il fait qu’est ce qu’il a ?? Les vautours eux sont de sortie avec la dispersion de la brume et forment une spirale qui tourbillonne. Et enfin j’arrive au plancher des vaches.

Ce point de jonction avec la croix marque la rencontre avec le GR65. À partir de là c’est un chemin déjà parcouru en 2024, juste 3-4km. J’approche de SJPP, Saint Jean Pied de Port, une belle collection d’hortensias dans un mélange de couleurs n’échappe pas au mode portrait que j’affectionne pour photographier les fleurs. Les dernières promis … Le fronton de la porte de cette maison devant laquelle je passe me rappelle que 200 ans nous séparent … étonnant !

La ville de SJPP prend soin de ses pèlerins de passage en ménageant des espaces pour les marcheurs sur la route. Et déjà la porte Saint Jacques s’annonce, ainsi que le chemin qui y mène. Me voici rendu au terme de ce parcours, devant puis après cette porte. J’y ai ressenti une réelle émotion après ces 36 jours de marche, 830km. Un défi physique qui me fait sentir en très bonne forme, et psychologique pour se dépasser parfois. Encore un post sur ce blog demain afin de marquer le départ de ce lieu et le retour à la maison tant attendu.

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